RDC : une ONG exige la libération de l’opposant Jean-Marie Kalonji

Par Jeune Afrique avec AFP

Arrestation des militants de l'opposition à Kinshasa, le 12 décembre 2011. © John Bompengo/AP/SIPA

L'Association congolaise pour l'accès à la justice (Acaj) a exigé mardi la libération de Jean-Marie Kalonji et de son avocat Sylva Mbikayi, tous deux opposés au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila et détenus par l'armée depuis trois semaines à Kinshasa.

L’ONG Acaj « exige la libération de Jean-Marie Kalonji et de Sylva Mbikayi arrêtés le 23 juin par des militaires FARDC (Forces armées de la RDC) à Kinshasa », a fait savoir à l’AFP Georges Kapiamba, président de l’organisation en question, ce mardi 11 juillet. Le premier, défenseurs des droits de l’Homme, et le second, son avocat, sont les responsables du mouvement congolais « 4 ème voie/Il est temps ».

Dans une lettre adressée fin juin au ministre congolais de la Défense et transmise mardi 11 juillet à l’AFP, l’Acaj note que les deux militants sont détenus à la Demiap, le service de renseignements militaires congolais, depuis le 23 juin. Une missive restée « sans suite » alors que les avocats des deux détenus ne sont pas autorisés à les voir, selon Georges Kapiamba qui se dit « profondément préoccupé » par cette situation à laquelle l’armée congolaise n’a pour le moment pas réagi.

Jean-Marie Kalonji déjà incarcéré en 2016

Selon Georges Kapiamba, Jean-Marie Kalonji « préparait une manifestation pour exiger la publication du calendrier électoral » en RDC. Opposé au maintien au pouvoir du président Kabila au-delà du terme de son mandat, il avait déjà été arrêté en 2016 et détenu pendant sept mois − dont quatre au secret à Kinshasa. Il avait été libéré dans le cadre des mesures de « décrispation » politique prévues par l’accord de sortie de crise signé le 31 décembre 2016 entre la majorité et l’opposition.

La RDC traverse une crise politique profonde, notamment depuis le maintien au pouvoir du président Kabila qui reste en fonction en vertu d’une décision controversée de la Cour constitutionnelle entérinée par l’accord de la Saint-Sylvestre. Ce compromis prévoit l’organisation de la présidentielle, des législatives et des élections locales avant la fin 2017. Mais le scrutin a été reporté sine die vendredi 7 juillet par le président de la commission chargé d’organiser les élections. Une décision qualifiée de « provocation » par l’opposition congolaise.