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Entrepreneuriat féminin : la Banque mondiale espère mobiliser 1 milliard de dollars

Par Jeune Afrique

Jim Yong Kim, président de la Banque Mondiale, le 30 juin 2016 à New Delhi. © Saurabh Das/AP/SIPA

La Banque mondiale a annoncé dans un communiqué publié le samedi 8 juillet, à l'occasion du sommet du G20, la création d'un véhicule de financement qui mobilisera plus d'un milliard de dollars « pour promouvoir l'entrepreneuriat féminin ».

Baptisé «Initiative de financement en faveur des femmes entrepreneurs» – We-Fi, pour l’acronyme anglo-saxon – et doté de 325 millions de dollars, ce mécanisme de financement est censé mobiliser un milliard de dollars (876 millions d’euros) par effet de levier, auprès d’institutions financières internationales et de banques commerciales, « pour améliorer l’accès au capital, apporter une assistance technique et investir dans des projets et programmes de soutien aux femmes et aux PME féminines dans les pays clients du groupe de la Banque mondiale » peut-on lire dans le communiqué.

« Ce nouveau dispositif présente une occasion unique de mettre les secteurs public et privé à contribution pour ouvrir de nouveaux horizons aux entrepreneuses et aux entreprises appartenant à des femmes dans les pays en développement du monde entier », s’est réjouit le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim.

L’accès aux services financiers constitue l’un des principaux obstacles à l’entrepreneuriat féminin

Il a également salué « la rapidité avec laquelle la communauté internationale s’est mobilisée en faveur de cette nouvelle initiative (…) ; le résultat obtenu a dépassé nos objectifs de près de 100 millions de dollars. »

« L’accès aux services financiers constitue l’un des principaux obstacles à l’entrepreneuriat féminin », souligne la Banque mondiale, qui précise que « près de 70 % des PME détenues par des femmes dans les pays en développement sont exclues par les établissements financiers ou ne sont pas en mesure de recevoir des services financiers assortis de conditions adéquates pour satisfaire leurs besoins ».

Déficit de financement

Les PME formelles détenues par des femmes cumulent ainsi un déficit de financement annuel de près de 300 milliards de dollars, estime l’institution de Bretton Woods. Un déficit « qui constitue une occasion manquée et un frein au développement du secteur privé », selon  le communiqué.

Outre l’accès limité aux financements, les autres obstacles à l’entrepreneuriat féminin comprennent « l’accès limité (…) à la technologie, [l’]absence de réseaux et [le] manque d’accès à l’information, [les] freins juridiques et politiques à la détention et à la création d’entreprises », peut-on lire dans le communiqué.

Initiative germano-américaine

À l’origine de cette initiative, les États-Unis et l’Allemagne font également partie des donateurs, aux côtés de l’Arabie saoudite, de l’Australie, du Canada, de la Chine, de la Corée du Sud, du Danemark, des Émirats arabes unis, du Japon, de la Norvège, des Pays-Bas et du Royaume-Uni

« Cet incroyable dispositif aura un impact énorme sur le développement économique des femmes dans le monde. Il contribuera à créer davantage de possibilités et à stimuler la croissance économique, notamment en aidant à lever les obstacles uniques auxquels sont confrontées les femmes entrepreneurs », a déclaré le président des États-Unis Donald Trump, dont la fille et conseillère Ivanka Trump a aidé à lancer l’idée de ce dispositif.

Dans son communiqué, la Banque mondiale précise toutefois qu’Ivanka Trump « n’y jouera aucun rôle au plan opérationnel ni dans la mobilisation de fonds ».