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Maroc : Hamid Chabat évacué manu militari du siège du syndicat de l’Istiqlal

Abdelhamid "Hamid" Chabat, secrétaire général de l'Istiqlal. © Alexandre Dupeyron pour JA

Nouvel épisode dans la guerre des clans qui ronge le plus vieux parti du pays. Hamid Chabat, secrétaire général décrié, a résisté jusqu’au bout avant d'être chassé du siège de la centrale syndicale du parti.

Après la trêve ramadanesque, c’est la reprise des hostilités entre les frères ennemis de l’Istiqlal, ou précisément au sein de son aile syndicale, l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM). Lundi 10 juillet, Hamid Chabat et ses supporters ont refusé de se soumettre à la décision de justice leur intimant de se retirer des locaux de la centrale syndicale à Rabat. Des affrontements ont eu lieu avec les forces de l’ordre, qui ont dû évacuer manu militari le secrétaire général de l’Istiqlal et son entourage.

Le tribunal de première instance de Rabat avait prononcé le jugement d’évacuation le 14 juin dernier, suite à la plainte déposée par Mayara Enaâm. Ce dernier avait été élu secrétaire général de l’UGTM lors d’un congrès tenu, fin avril, mais l’élection avait été contestée par le courant de Hamid Chabat.

Hamid Chabat, secrétaire général de l’Istiqlal, avait lâché les rênes de son bastion syndical en 2013 au profit d’un de ses fidèles, Kefi Cherrat, puis il avait fini par reprendre le poste de secrétaire général de l’UGTM au cours d’un congrès tenu le 7 mai dernier. Un congrès jugé illégal par la justice et qui avait été interrompu après l’intervention des forces de l’ordre. Depuis, le syndicat est divisé entre les fidèles à Mayara Enaâm (dont l’élection a été approuvée par le ministère de l’Intérieur) et le clan de Hamid Chabat, qui a continué d’avoir la mainmise sur le siège du syndicat.

Un syndicat, deux patrons

Derrière cette guerre de sièges de l’UGTM, il y a la lutte acharnée de Chabat pour rétablir son honneur de leader istiqlalien. Décrié par une bonne partie des membres du Conseil exécutif du parti, depuis sa bourde diplomatique avec la Mauritanie − qui a valu à l’Istiqlal d’être banni de la coalition gouvernementale −, Hamid Chabat multiplie les manœuvres pour empêcher la tenue du 17e congrès du parti devant entériner son éjection.

Des manœuvres qui avaient même incité son principal détracteur, Hamdi Ould Rachid, à mobiliser ses troupes, en avril dernier, pour occuper le siège de l’Istiqlal pendant plusieurs jours. Une médiation avait permis de réconcilier les deux clans, mais la tension est toujours présente alors que la date du conclave istiqlalien n’est toujours pas fixée.

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