Fermer

Côte d’Ivoire : les démobilisés rappellent leurs revendications financières à l’approche des Jeux de la Francophonie

Militaires ivoiriens dans les rues de Bouaké, le 6 janvier 2017. © Haby Niakaté pour JA

Les démobilisés, d'anciens rebelles non intégrés à l'armée ivoirienne après la crise postélectorale de 2010-2011, menacent de perturber "de manière pacifique" les Jeux de la Francophonie si les négociations avec le gouvernement n'avancent pas, affirment-ils, alors que certains de leurs responsables ont été interpellés à Bouaké.

« Le gouvernement nous avait promis des mesures concrètes, mais nous ne voyons rien arriver. Si rien n’est fait, nous allons nous manifester de manière pacifique le 21 juillet pour l’ouverture des Jeux de la Francophonie, pour que tout le monde voit la souffrance des démobilisés », affirme lundi 10 juillet depuis Korhogo Issouf Ouattara, secrétaire exécutif de « la cellule 39 ».

« Les discussions avec le gouvernement n’avancent pas. On se fout de nous, nous voulons nos 18 millions de francs CFA », renchérit un autre démobilisé sous couvert d’anonymat.

Deux responsables des démobilisés arrêtés 

Des revendications financières rappelées dimanche 9 juillet à Bouaké, où un groupe de démobilisés a brièvement bloqué le corridor nord de la deuxième ville du pays avant d’être dispersé par les forces de l’ordre.

Quelques heures après ce mouvement d’humeur condamné par la hiérarchie de « la cellule 39 », deux responsables des démobilisés, dont Diomandé Megbé, l’un des porte-parole des démobilisés, ont été arrêtés à Bouaké, a appris Issouf Ouattara auprès d’anciens rebelles sur place. « Selon leurs témoignages, les arrestations se poursuivent », a-t-il fait savoir. 

Cinq morts en mai dans les rangs des démobilisés

Fin mai, les démobilisés – en majorité d’anciens rebelles des ex-Forces nouvelles – avaient bruyamment rappelé leurs exigences :  le paiement de 18 millions de francs CFA (environ 27 000 euros) à chacun d’entre eux. Une somme bien supérieure aux 12 millions obtenus par les mutins, qui contrairement aux démobilisés avaient été intégrés à l’armée après le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR).

Des demandes financières officiellement rejetées par le gouvernement, qui avait en revanche annoncé avoir trouvé un terrain d’entente avec les démobilisés. « On ne paie pas les primes, mais nous avons trouvé un terrain d’entente », avait affirmé à l’AFP le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, après une rencontre avec une délégation d’anciens rebelles à Abidjan.

Un « terrain d’entente » alors confirmé par les démobilisés, endeuillés par la mort de cinq d’entre eux depuis le début de leur mobilisation du mois de mai. Le 23 mai, leur dispersion par les forces de l’ordre au corridor sud de Bouaké avait fait quatre morts dans leurs rangs. Un bilan d’autant plus lourd qu’un autre ancien rebelle avait également été tué à Bouaké quelques jours auparavant. Le 14 mai, des mutins avaient en effet ouvert le feu sur les démobilisés, les accusant de compromettre le paiement de leurs primes en raison de leurs revendications financières similaires.

Couverture

L’actu n’attend pas !


Couverture

Accédez à toute l'actualité africaine où que vous soyez en souscrivant à l'Edition Digitale de Jeune Afrique

Je m'abonne J'achète ce numéro