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Niger : plusieurs arrestations après l’abattage illégal d’un hippopotame

Par Jeune Afrique avec AFP

Une dizaine de personnes ont été arrêtées et écrouées à Ayorou, une ville de l'ouest du Niger, après l'abattage d'un hippopotame, une espèce protégée. © Joël Saget/AFP

Une dizaine de personnes ont été arrêtées et écrouées à Ayorou, une ville de l'ouest du Niger, après l'abattage d'un hippopotame, une espèce protégée, a indiqué samedi un proche des détenus.

« Quinze personnes ont été emprisonnées lundi après l’abattage d’un hippopotame », a déclaré à l’AFP un habitant d’Ayorou, proche d’un élu local qui fait partie des personnes écrouées. L’hippopotame a été abattu parce qu’il avait « attaqué un boeuf », a expliqué cet habitant qui a requis l’anonymat.

Interrogé sur la radio locale Kalanagou, le préfet d’Ayorou, Jando Richi Ag Alher, a confirmé « l’arrestation d’une dizaine de personnes impliquées » dans l’abattage.

Pour protester contre ces arrestations, « une manifestation violente » a été organisée par des habitants, qui sont fréquemment victimes des dégâts commis par les hippopotames sur les cultures et le bétail, a expliqué à l’AFP un autre habitant d’Ayorou, Amadou.

Située sur les berges du fleuve Niger, à 200 km de Niamey, Ayorou a été la perle du tourisme nigérien grâce à sa forte concentration d’hippopotames. En mai, des chefs coutumiers ont déjà alerté sur les dégâts causés par des hippopotames et qui compromettent les récoltes et la navigation sur le fleuve.

« Il faut que l’Etat leur trouve une réserve »

Face à l’inertie des autorités locales, des victimes se font parfois justice elles-mêmes, en abattant les animaux envahisseurs.

« Il faut que l’Etat leur trouve une réserve (…) ou nous-mêmes nous allons les diminuer », a prévenu Zariya Issaka, le chef local des pêcheurs sur la radio Kalangou.

Des troupeaux d’hippopotames, à la recherche d’herbes fraîches ou d’eaux profondes, s’aventurent régulièrement jusque près de la capitale, Niamey, et y sèment souvent la panique.

En 2014, douze écoliers – sept filles et cinq garçons âgés de 12 à 13 ans – avaient été tués dans l’attaque d’une pirogue par un hippopotame sur le fleuve Niger, à Liboré, une bourgade près de Niamey. L’animal responsable de la tragédie a ensuite été abattu par les agents de l’Environnement.

En 2013, un hippopotame avait été abattu par balles par ces agents, après avoir mortellement mordu un adolescent à Niamey.

Lorsqu’ils sont accompagnés de bébés, les hippopotames sont plus agressifs et s’attaquent même aux vaches qui viennent brouter sur les rives du Niger, selon un spécialiste.

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