Tunisie : pour la première fois, l’État emprunte au secteur bancaire national pour boucler son budget 2017

Par Jeune Afrique

Fadhel Abdelkefi. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Le ministère tunisien des Finances et treize banques du pays ont signé jeudi 6 juillet une convention pour le financement du Budget de l'État 2017. Une première en Tunisie.

Ces banques se sont ainsi engagées le 6 juillet à prêter un total de 250 millions d’euros (environ 695,8 millions de dinars tunisiens) sur une période de trois ans avec, au choix, deux procédures différentes de remboursement en devises : soit au terme des trois ans à un taux de 2,25%, soit annuellement à 2%, précise l’agence TAP.

La Banque internationale arabe de Tunisie (60 millions d’euros), l’ABC Bank (5 millions d’euros), la North Africa International Bank (5 millions d’euros), et la Banque de Tunisie et des Emirats (1 millions d’euros), ont opté pour un amortissement in fine.

Les autres -Attijari Bank (60 millions d’euros), l’Union Internationale de Banques, l’Union internationale des Banques (40 millions d’euros), la Banque Nationale Agricole (21 millions d’euros), l’Arab Tunisian Bank (20 millions d’euros), la Société tunisienne de banque (10 millions d’euros), la Banque de Tunisie (10 millions d’euros), Amen Bank (10 millions d’euros), la Banque de l’Habitat (5 millions d’euros), Tunis International Bank (3 millions d’euros)- ont préféré le remboursement annuel.

Un quart du budget de l’Etat assuré par l’emprunt

Sur les 32,4 milliards de dinars de dépenses prévus sur l’année, 8,5 milliards – soit le quart du budget de l’État – seront assurés par l’emprunt, avait annoncé la ministre de l’époque, Lamia Zribi, fin 2016.

Saluant l’engagement de ces banques à soutenir les Finances publiques de l’État, Fadhel Abdelkefi, actuel ministre des Finances par intérim, a précisé qu’il s’agissait là d’un « test ». Pour se financer, la Tunisie compte aussi sur la vente des bons du Trésor et sur l’endettement extérieur.

Cela nous permet surtout d’épargner des fonds supplémentaires en devises.

Le recours aux banques nationales permettrait aussi de limiter les financements sur le marché international, et d’épargner ainsi au moins 15,7 millions d’euros (environ 43,7 millions de dinars) par an, estime Béchir Trabelsi, directeur général de la gestion des réserves et des marchés à la Banque Centrale de Tunisie (BCT).

« C’est une façon de diversifier les ressources de financement du budget de l’État, mais surtout cela nous permet d’épargner des fonds supplémentaires en devises, étant donné que le coût global de l’opération sur le marché local est très compétitif et avantageux pour la trésorerie publique, comparé aux opérations similaires effectuées sur le marché international, dont le taux d’intérêt exigé dépasse les 4% voire les 5% », a-t-il déclaré à la TAP.

Plus de 60% de dette publique

Le déficit budgétaire tunisien a augmenté depuis la Révolution : proche de l’équilibre en 2010, il a dépassé 6% du PIB en 2013 avant de décroître à 4,9% en 2014 et 2015 puis de remonter à 6% en 2016. La dette publique tunisienne est passée de 40% du PIB en 2010 à plus de 60% en 2016.

Fin novembre, la conférence internationale « Tunisia 2020 » a permis une levée de 34 milliards de dinars (15 milliards de dollars) répartis entre prêts, dons et reconversion de la dette.

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