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Un stock de matériel militaire suscite des tensions diplomatiques entre la RDC et la Belgique

Une dizaine de véhicules blindés et surtout des armes, des munitions et du matériel de transmission confidentiel de l'armée belge est toujours bloqué dans la province du Maniema, en RDC. © MONUSCO Photos/CC/wikimedia commons

Trois mois après que la RDC a rompu sa coopération militaire avec la Belgique, douze soldats belges, au moins, sont encore bloqués dans le pays. Ils gardent un stock de matériel militaire, en attendant de pouvoir l’évacuer.

La ville de Kindu est à mi-chemin entre les deux régions les plus martyrisées de la RDC : l’Est du pays où les civils se font massacrer par les milices, et le Kasaï, dans le centre, où la rébellion des « Kamwina Nsapu » est sévèrement réprimée. C’est peut-être en raison de cette localisation stratégique que les militaires belges avaient décidé d’y stocker une partie de leurs armes, lorsqu’ils collaboraient encore avec l’armée congolaise.

Mais le 12 avril dernier, Kinshasa avait décider de mettre fin à cette coopération, pour protester contre les commentaires du ministère belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, sur des sujets que les autorités congolaises estimaient relever de la souveraineté nationale.

Trois mois plus tard, cette rupture n’est toujours pas soldée. Du matériel militaire belge est en effet resté bloqué à Kindu, mais aussi dans les villes de Kalemie, Likasi, et Kananga, selon le ministère congolais de la Défense.

Munitions et véhicules militaires

Visiblement, Bruxelles ne fait qu’une confiance limitée à Kinshasa pour surveiller le stock en attendant son évacuation : elle a laissé sur place douze militaires, comme l’a révélé RTL-Info le 6 juillet.

Selon une source diplomatique occidentale à Kinshasa, outre des munitions, le matériel serait principalement composé de véhicules militaires (camions et jeeps) nécessitant plusieurs dizaines de rotations d’avions.

Or l’avion de transport belge chargé de transporter ce stock − un C-130 − a connu des problèmes mécaniques et est actuellement en réparation au Congo-Brazzaville. D’après la télévision belge, les autorités congolaises auraient empêché que des avions français et espagnol s’y substituent, en leur refusant le survol de son territoire.

Or la pression monte : les visas des militaires belges n’ont plus que deux semaines de validité, selon notre source diplomatique.

« Il n’est nullement question de bloquer quoi que ce soit »

« Il est vrai que le processus d’évacuation des matériels militaires belges a certainement pris beaucoup de temps, peut-être jusqu’à exaspérer les autorités belges, explique à Jeune Afrique le ministre congolais de la Défense, Crispin Atama Tabe, par SMS. Mais il n’est nullement question pour la RDC de bloquer qui ou quoi que ce soit ».

Selon le ministre congolais, « la Monusco [mission de l’ONU en RD Congo] était également disposée à les aider et n’attendait qu’une demande ». « Tous les matériels militaires bien répertoriés et localisés à Kindu, Kalemie, Likasi et Kananga seront évacués après avoir établi ensemble avec les techniciens congolais, un programme clair », ajoute Crispon Atama Tabe.

Quant aux autorités belges, elles se refusent pour l’instant à tout commentaire.

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