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Mali : affrontements dans la région de Kidal entre les signataires de l’accord de paix

Par Jeune Afrique avec AFP

Membres du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA). en 2012, à Kidal. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Des affrontements armés entre la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) et les groupes armés pro-gouvernementaux réunis au sein de la "Plateforme" ont fait au moins trois morts jeudi au sud d'Aguelhok, dans la région de Kidal. Une nouvelle violation du cessez-le-feu par ces deux signataires de l'accord de paix de juin 2015 qui a été aussitôt condamnée par la Mission de l'ONU au Mali (Minusma).

Deux groupes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali ont à nouveau violé le cessez-le-feu au Mali. Selon une source de sécurité étrangère citée par l’AFP sous le couvert de l’anonymat , au moins trois personnes ont été tuées jeudi 6 juillet dans des affrontements entre la Plateforme et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).

Une deuxième source proche de la CMA a affirmé à l’AFP que c’est un groupe « dont la Plateforme s’est désolidarisée qui a attaqué une position de la CMA, et la CMA a riposté, tuant plusieurs personnes parmi les assaillants ». Dans un communiqué publié le jour même, la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a condamné « les violations continues et accrues du cessez-le-feu par les deux mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali ».

Des affrontements qui décrédibilisent l’accord de paix

« Ces agissements de la part des mouvements sont d’autant plus condamnables qu’ils font fi de tous les appels que nous n’avons pas cessé de lancer à leurs dirigeants de faire preuve de sagesse et d’agir avec responsabilité », a déclaré le représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies au Mali et chef de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif, cité dans le communiqué.

« Il s’agit de violations de l’accord de paix et des résolutions du Conseil sécurité », a-t-il encore souligné. Selon la Minusma, ces violations pourraient, si elles persistent, affecter « la mise en œuvre de l’accord de paix » et profiter au terrorisme. « Elles risquent également de saper la confiance des Maliennes et Maliens et de la communauté internationale toute entière en la bonne foi des mouvements signataires en tant que partenaires sérieux et crédibles dans la quête du Mali pour une paix durable », s’est inquiété Mahamat Saleh Annadif.

Des tensions persistantes dans le Nord Mali

Le 20 juin 2015, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) paraphait l’ « accord d’Alger », à Bamako. Sur le papier, il s’agissait d’une victoire pour le pays, en guerre depuis 2012 contre des groupes terroristes et rebelles. Mais deux ans plus tard, les tensions ont rattrapé le Nord Mali et la région de Kidal est toujours le théâtre d’affrontements armés.