RDC : lourdes peines pour les militaires accusés de meurtres de civils dans le Kasaï

Par Jeune Afrique avec AFP

Des soldats congolais à Kitumba (RDC), en 2013. © Joseph Kay/AP/SIPA

Jugés pour le meurtre de civils dans la province du Kasaï, en République démocratique du Congo, huit militaires ont été condamnés ce jeudi 6 juillet à des peines de prison allant de douze mois à la perpétuité, selon la défense.

Au total, neuf militaires étaient jugés par le tribunal militaire de Mbuji-Mayi. Parmi eux, deux ont été condamnés à 20 ans, trois à 15 ans, un à 12 mois, selon Me Bashile, avocat de la défense. Deux militaires en fuite ont été condamnés par contumace à la prison à perpétuité, et le neuvième a été acquitté.

Les sept militaires qui ont écopé des peines les plus lourdes étaient poursuivis pour meurtre. Celui qui a été condamné à 12 mois l’a été pour « non dénonciation de l’infraction commise par un agent militaire ». Le neuvième a été acquitté.

Une vidéo atroce

Ces militaires étaient d’abord poursuivis pour « crimes de guerre », suite à la publication en février d’une vidéo supposée avoir été tournée dans le village de Mwanza Lomba (Kasaï-oriental) montrant ce qui apparaît comme une scène de massacre de civils armés de bâtons par des militaires. Mais le tribunal a ensuite préféré abandonner la charge de « crimes de guerre » pour ne retenir notamment que l’infraction de « meurtre ».

Depuis septembre 2016, le Kasaï est en proie à des violences meurtrières entre les forces de sécurité congolaises et les membres de la rébellion Kamuina Nsapu. Depuis la mort de leur chef, tué en août 2016, ses partisans multiplient les attaques contre les civils et les forces de l’ordre.

En moins d’un an, ces atrocités ont causé plus de 3 000 morts selon l’Église catholique et 1,3 million de déplacés. En mars, deux experts dépêchés par les Nations unies pour enquêter sur ces violences y ont été assassinés.