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Tunisie : Sea, Sun et sécurité dans l’ex-Impérial Marhaba de Sousse

Par - Envoyé spécial en Tunisie

Des officiers de police patrouillent sur la plage à Sousse, le 30 juin 2015. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

L’ex-Hôtel Impérial Marhaba, le palace de Sousse dans lequel 38 touristes internationaux avaient été tués le 26 juin 2015 a rouvert en avril. À l’intérieur, les mesures de sécurité ont été multipliées et les réservations affichent déjà quasi complet dans un contexte de reprise des arrivées de touristes internationaux en Tunisie.

Deux ans après qu’un étudiant de 23 ans a abattu à la mitraillette 38 personnes sur la plage et dans l’enceinte de l’Hôtel Impérial Marhaba à Port El-Kantaoui, une station balnéaire voisine de Sousse, les touristes ne rechignent pas à s’y rendre.

Purement et simplement fermé en septembre 2015 faute de réservations, le palace 4 étoiles a été rouvert après deux millions d’euros de travaux. Le Steigenberger Kantaoui Bay, du nom du groupe de gestion hôtelière allemand qui en a repris la direction, a ouvert ses portes le 18 avril dernier.

Reprise des arrivées de touristes

En journée, les bus de tours opérateurs internationaux (TUI) et nationaux (Tunisian Travel Service) se succèdent à l’entrée, témoignant de la reprise des arrivés dans le pays (+40% par rapport à 2015 selon le ministère du tourisme) scrutées par le gouvernement tant le secteur est décisif pour relancer l’économie.

Et le soir des touristes allemands, algériens, belges, français, russes ou tunisiens (les voyages intérieurs sont en plein boom aussi) reprennent le Je T’aime de Lara Fabian joué par un groupe en live à deux pas d’une piscine flambant neuve.

Comme si de rien n’avait été, et pourtant… Quelques policiers lourdement armés sont maintenus à l’entrée de Port El-Kantaoui, les opérations de vérification d’identité sont fouillées à chaque nouvel arrivage à l’entrée de l’hôtel, les bagages de chaque client passé au scanner et le passage sous le portique de détection de métaux obligatoire pour tous.

Staff de sécurité doublé

Aux dires du directeur de l’établissement, Kessissa Ramzy, arrivé à ce poste en début d’année, le staff de sécurité a même été doublé (200 personnes au total travaillent dans l’hôtel), les caméras décuplées et une chambre entièrement dédiée à des écrans de surveillance.

Les voyageurs nous le disent eux-mêmes : la Tunisie n’est pas moins sécurisée que nombre de pays européens.

De quoi, sans doute, rassurer. Tout du moins, les 300 chambres sont occupées à 70%, voire même de 85% certains week-end. « Ces attentats ont été un grand deuil. Mais certains des proches des victimes sont revenus ici par besoin de se recueillir. Le tourisme va reprendre en Tunisie parce que la sécurité va en s’améliorant », estime Zohra Driss, la femme d’affaires tunisiennes dont la famille est investie de longue date dans l’industrie hôtelière du pays.

Et, selon elle, la menace terroriste ne change rien à la confiance croissante des voyageurs pour se rendre en Tunisie. « Les voyageurs nous le disent eux-mêmes : la Tunisie n’est pas moins sécurisée que nombre de pays européens ». Mais le vent pourrait vite tourner.

Agression à Nabeul vendredi 30 juin

Vendredi 30 juin, deux femmes originaires d’Allemagne ont été blessées dans une agression à l’arme blanche perpétrée par un « déséquilibré », dans la médina de Nabeul, ville proche de la station balnéaire de Hammamet, au Nord-Est de la Tunisie.

Les deux touristes, «une mère et sa fille âgée de 27 ans», ont été agressées à l’aide d’un « objet contondant (couteau) » par « un déséquilibré mental », dans le souk de l’artisanat de Nabeul, ont annoncé les ministères de l’Intérieur et du Tourisme dans un communiqué conjoint cité par l’AFP. L’agresseur a été interpellé et « l’incident n’a aucune relation avec un acte terroriste », ont-ils ajouté.

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