Nigeria : absent depuis deux mois, Buhari à nouveau appelé à la démission

Par Jeune Afrique avec AFP

Muhammadu Buhari, le président du Nigeria, lors d'une visite officielle en Allemagne, en octobre 2016. © Markus Schreiber/AP/SIPA

Peter Ayodele Fayose, le gouverneur de l’État d’Ekiti, dans le sud-ouest du pays, a appelé, pour la deuxième fois, à la démission du président nigérian mercredi 5 juillet.

L’absence du président Muhammadu Buhari, en traitement médical à Londres depuis début mai, inquiète au Nigeria. L’intérim est actuellement assuré par Yemi Osinbajo, le vice-président du Nigeria, mais l’absence prolongée du président Buhari attise toutes sortes de rumeurs. Fin juin, Peter Ayodele Fayose, le gouverneur de l’État d’Ekiti, dans le sud-ouest du pays, avait affirmé à des journalistes que le président était en phase terminale, sans toutefois en apporter la preuve. Il avait alors, déjà, réclamé sa démission. Mercredi 5 juillet, Ayodele Fayose a réitéré cette demande sur Twitter. 

« Buhari doit se mettre de côté pour que le Nigeria et son peuple puissent être sauvés de cet état d’incertitude », a-t-il écrit sur le réseau social. « Le Nigeria nous appartient à tous et son intérêt collectif est supérieur à celui d’un individu ou d’un groupe. Ensemble, nous devons sauver le pays », soutien encore le gouverneur dans un message diffusé par le même canal. Et Peter Ayodele Fayose de conclure : « Tout comme Buhari a réclamé la destitution de Yar’Adua en 2010, j’insiste également sur le fait que le président doit désormais quitter son bureau. »

 

Avant son décès en 2010, plusieurs dirigeants de l’opposition, dont l’actuel chef de l’État, avaient en effet demandé la destitution de l’ancien président Umaru Yar’Adua. Hospitalisé pendant des semaines à l’étranger, sa maladie avait longtemps été cachée au grand public.

 Il n’est pas possible que notre président soit absent plus de cinquante jours et que personne ne sache ce qui ne va pas.

En début de semaine, l’épouse de Muhammadu Buhari a quitté le Nigeria pour rendre visite à son mari, en traitement médical à Londres. Les causes de sa maladie n’ont pour lors pas été dévoilées. Et ses proches alimentent la confusion. De janvier à février dernier, le président avait déjà passé deux mois à Londres pour des raisons de santé. À son retour, il avait confié « n’avoir jamais été aussi malade », alors que ses proches et ses porte-paroles n’avaient cessé de dire qu’il était « en pleine forme ». 

Cent jour au Nigeria depuis début 2017

À l’heure actuelle, aucune date de retour n’a été donnée. « Il n’est pas possible que notre président soit absent plus de cinquante jours et que personne ne sache ce qui ne va pas. Au total, il a passé plus de cent jours hors du Nigeria [depuis le début 2017] », s’est étonnée Idayat Hassan, directrice du Centre pour la démocratie et le développement d’Abuja auprès de l’AFP. « Le vice-président assure ses fonctions en tant que président en exercice. Ce n’est pas une raison pour que nous ne sachions pas ce que devient le président. Nous avons le droit de savoir », a-t-elle ajouté.

Pour Clement Nwankwo, chef d’une organisation de la société civile d’Abuja, le Centre de conseil juridique et politique, la maladie du président a tué toute chance de véritable changement avant la prochaine présidentielle de 2019. « Les deux dernières années ont représenté une perte de temps totale et les deux prochaines ne laissent pas espérer grand chose en terme de réalisations », a-t-il confié.

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