France : une expertise confirme la mort par asphyxie d’Adama Traoré après son interpellation

Par Jeune Afrique avec AFP

Une marche contre les violences policières, le 19 mars 2017 à Paris, en France. © Thibault Camus/AP/SIPA

Les résultats de la contre-expertise demandée par la famille d'Adama Traoré, décédé lors d'une interpellation le 19 juillet dernier dans le Val d'Oise, confirment que sa mort est due à un "état asphyxique aigu".

Une nouvelle expertise, réalisée à la demande de la famille d’Adama Traoré, contredit à nouveau la thèse de l’ancien procureur de Pontoise, Yves Jannier, aujourd’hui avocat général près de la Cour d’appel de Paris. Le rapport, révélé mardi 4 juillet par Le Parisien, confirme ainsi l’autopsie et la contre-expertise réalisée en juillet 2016 par un collège d’experts de l’Institut médico-légal de Paris, qui avaient conclu à une mort par « syndrome asphyxique ».

Un « état asphyxique aigu »

Le 19 juillet, Adama Traoré, 24 ans, décédait après avoir été interpellé par la gendarmerie à Beaumont-sur-Oise, dans le Val d’Oise. Ce drame, qui avait été suivi de plusieurs nuits de violences dans la ville et ses environs, avait rapidement été qualifié de bavure policière. Mais le magistrat avait d’abord avancé l’hypothèse d’une « infection très grave » chez le jeune homme, puis défendu l’absence de toute « trace de violence ».

Selon une source proche de l’enquête citant les déclarations de l’un des militaires à l’AFP, lors de son arrestation, le jeune homme avait été maintenu au sol sous « le poids des corps » de trois gendarmes.

« L’ensemble de ces constations permet de conclure que la mort de Monsieur Adama Traoré est secondaire à un état asphyxique aigu, lié à la décompensation – à l’occasion d’un effort et de stress », observent les deux experts en charge du nouveau rapport dévoilé dans Le Parisien.

L’affaire dépaysée à Pontoise

Reste que la question de savoir si Adama Traoré est mort par asphyxie suite à une fragilité cardiaque ou à une compression thoracique lors de l’intervention des gendarmes « n’est pas tranchée » à ce stade des investigations, estime une source de l’AFP proche du dossier. « La cardiopathie n’existe pas dans ce rapport », soutient néanmoins Yassine Bouzrou, l’avocat de la famille, joint mardi soir par l’agence de presse. « Une des causes possibles de la mort, c’est le placage ventral des gendarmes qui contribue à une compression thoracique », a-t-il poursuivi.

En octobre 2016, suite à de nombreux différends, la famille Traoré avait obtenu le dépaysement de l’affaire instruite au tribunal de grande instance (TGI) de Pontoise pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Le procureur de Pontoise Yves Jannier avait pour sa part quitté son poste pour celui d’avocat général près de la cour d’appel de Paris. Selon maître Yassine Bouzrou, cité par Le Parisien, la famille pourrait désormais saisir le Conseil de la magistrature « afin qu’Yves Jannier soit sanctionné pour ses déclarations contraires à la vérité ».

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