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Les corps des auteurs des attentats de Nice et Berlin rapatriés en Tunisie

Par Jeune Afrique

La promenade des anglais, à Nice, où a eu lieu l'attentat dans la nuit du 14 juillet 2016. © Luca Bruno/AP/SIPA

La dépouille d'Anis Amri, auteur présumé de l'attentat du marché de Noël à Berlin, et celle de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, auteur de l’attentat de Nice, ont toutes deux été rapatriées vendredi dernier en Tunisie pour y être inhumées.

Près d’un an après l’attaque mortelle au camion-bélier sur la Promenade des Anglais, le 14 juillet 2016, le corps de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a finalement été rapatrié en Tunisie, rapporte le quotidien Nice Matin. Son corps aurait été transféré le vendredi 30 juin dernier au service de médecine légale de l’hôpital Charles-Nicolle de Tunis, et il pourrait être enterré dans sa ville natale, Msaken, dans l’est du pays. Le parquet parisien qui supervise l’enquête sur l’attentat n’a pas souhaité communiquer sur les raisons pour lesquelles le corps est resté à Nice près d’une année, a précisé l’AFP.

Poursuite de l’enquête

Suite à l’attentat, qui avait fait 86 morts et plus de 450 blessés, le responsable consulaire Fayçal Ben Mustapha avait prévenu que la restitution de la dépouille du tueur  « va demander du temps et d’autres procédures liées à des autorisations judiciaires délivrées par les autorités françaises ».

Et l’enquête est toujours en cours. Selon Nice-Matin, deux experts viennent d’être désignés en France pour tenter de savoir pourquoi Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a stoppé son camion devant le palais de la Méditerranée, juste avant que les policiers ne l’abattent. Des investigations ont également été menées en Tunisie, où des membres de sa famille et un psychiatre qu’il avait consulté plus jeune ont été interrogés.

Il préférait ne pas dire qu’il était Maghrébin (…). Il voulait même changer de nom.

Le documentaire Nice, un an après: contre-enquête sur un attentat, diffusé sur C8, revient sur le drame. Et plus particulièrement sur la vie et la personnalité trouble de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. Un « ami » surnommé « Bernard » y explique : « Mohamed n’était pas croyant. Il se moquait de la religion (…) ». Il indique également qu’« il préférait ne pas dire qu’il était Maghrébin. Il ne les aimait pas. Il leur reprochait de ne pas vouloir s’intégrer, de garder leurs mentalités de blédards. Il voulait même changer de nom. »

Pour ce reportage, les journalistes se sont rendus devant la maison familiale de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, à Msaken. Un an après l’attentat, la mère de Mohamed ne veut toujours pas croire qu’il soit le tueur. « C’est impossible, affirme-t-elle devant une caméra cachée. Pourquoi aurait-il fait ça ? Il avait ses papiers, ses enfants, ce n’est pas logique. » « Est-ce que tu es sûre qu’il a fait ça ? », l’interpelle l’un de ses frères. « Je ne crois pas que ce soit lui », répond la mère.

Anis Amri enterré près de Kairouan

Le corps d’Anis Amri est lui aussi arrivé à l’aéroport de Tunis-Carthage le 30 juin en provenance d’Italie et a été pris en charge par des proches, qui ont quitté les lieux en fin d’après-midi, a indiqué à l’AFP une source aéroportuaire sous le couvert de l’anonymat.

Il doit être enterré dans sa ville natale de Oueslatia, près de Kairouan, a confirmé à l’AFP un de ses frères, Abdelkader, joint par téléphone.

Auteur présumé de l’attaque au camion-bélier qui avait fait 12 morts et une cinquantaine de blessés le 19 décembre 2016 à Berlin, Anis Amri a été tué quatre jours plus tard en Italie, après avoir traversé quatre pays européens. Sa famille avait ensuite été interrogée par la Brigade anti-terroriste  (BAT) à Tunis.