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Mohammed VI veut faire émerger « une vision africaine commune » sur la migration

Par Jeune Afrique avec AFP

Un homme originaire d'Afrique sub-saharienne est aidé par une ONG au large de la Libye, en juin 2017. © Emilio Morenatti/AP/SIPA

Ce lundi, lors du 29e sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba, le roi du Maroc s'est exprimé par la voix de son représentant. Il a plaidé en faveur d'un "agenda africain" sur la migration, pour stopper le départ des jeunes Africains vers l'Europe dans des conditions précaires.

« Des milliers de jeunes Africains tentent clandestinement de gagner la rive nord de la Méditerranée, à la recherche d’une vie meilleure, avec tous les risques que l’on connaît », a fait remarquer Mohammed VI lundi 3 juillet, dans un discours lu par son représentant Moulay Rachid au sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba. Dans ce discours, le roi du Maroc s’est ensuite interrogé : « Le destin de nos jeunes est-il au fond des eaux de la Méditerranée ? Leur mobilité doit-elle devenir une hémorragie ? », avant de plaider : « Il nous appartient au contraire de la gérer pour en faire un atout. »

Un agenda africain sur la migration

« J’ai l’intention de soumettre [à l’UA] une contribution axée sur la nécessité de développer une vision africaine commune sur la migration, ses enjeux et ses défis », a poursuivi le souverain par la voix de son représentant, appelant les pays du continent à « travailler conjointement à l’élaboration d’un agenda africain sur cette thématique ». Le Maroc, qui a réintégré début 2017 l’Union africaine, se présente en exemple dans la gestion des migrants, depuis qu’il a adopté en 2013 une nouvelle politique migratoire et mené deux campagnes de régularisation de clandestins, pour la plupart subsahariens.

Dans son discours, le roi, qui n’a pas fait le déplacement au sommet d’Addis-Abeba, a également réclamé une « politique volontariste » en faveur de la jeunesse africaine, « avenir » du continent. Il a par ailleurs appelé à l’émergence d’une « nouvelle Afrique » qui « s’appuie sur une vision concrète et pragmatique ». « Il est nécessaire que l’UA entame sa mue », a-t-il plaidé, saluant au passage le « leadership » du président rwandais Paul Kagamé, en charge de la réforme des institutions de l’UA, de même que le président guinéen Alpha Condé, actuel président en exercice de l’organisation panafricaine et qui lui « donne une grande visibilité ».