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Tunisie : affrontements violents entre policiers et marchands ambulants

Par Jeune Afrique avec AFP

Des policiers tunisiens dans le centre de Tunis, en février 2013. © AP/SIPA

Deux policiers ont été blessés et 47 personnes interpellées lors de heurts lundi dans le centre de Tunis entre des marchands ambulants et les forces de l'ordre, a indiqué le ministère de l'Intérieur.

Ces incidents sont survenus lors d’un rassemblement d’environ 300 personnes venues manifester devant le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) contre la campagne d’interdiction des étals anarchiques menée par les autorités locales.

Selon le ministère, les forces de l’ordre sont intervenues pour leur faire évacuer les lieux. La situation a par la suite dégénéré, les manifestants jetant notamment des pierres sur la police, dont des véhicules ont été endommagés et qui a répliqué par des tirs de gaz lacrymogène. Une enquête a été ouverte, a-t-on indiqué de même source.

Une « épreuve de force »

Porte-parole des marchands ambulants du quartier, Walid a déploré auprès de l’AFP une « épreuve de force » engagée par les autorités contre des travailleurs pauvres, et dénoncé les promesses non tenues du gouverneur de Tunis, Omar Mansour. Contacté, ce dernier n’était pas joignable dans l’immédiat.

Ces affrontements interviennent alors que les autorités locales ont engagé en juin une campagne contre les étals anarchiques, qui ont proliféré depuis la révolution de 2011 dans un contexte social marqué par la pauvreté et le chômage.

Un ultimatum de cinq jours

Le gouvernorat de Tunis a alerté le 19 juin contre tout cas d’exploitation anarchique des lieux publics, fixant un ultimatum de cinq jours aux vendeurs ambulants pour évacuer les lieux. D’autres municipalités comme La Marsa, en banlieue de Tunis, ou Sousse (est) ont lancé des campagnes similaires.

Fin 2010, l’immolation par le feu d’un vendeur ambulant Mohamed Bouazizi, excédé par la misère et les brimades policières, avait été le point de départ de la révolte contre le régime de Zine el Abidine Ben Ali.