La croissance, pour quoi faire ?

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Évolue depuis quinze ans dans le domaine des affaires publiques à Paris, Bruxelles, Genève et Abidjan – où il a ouvert un cabinet de conseil en 2013. Il partage son expérience au sein d’entités telles que le CERAP (Abidjan), l’École de gouvernance et d'économie (Rabat), l’INSEAD ou The Graduate Institute (Genève) et est membre du Comité directeur de WATHI - think tank citoyen d’Afrique de l’Ouest basé à Dakar.

Abidjan, Côte d'Ivoire, le 16 avril 2015. Le plateau, quartier des affaires. © Guillaume Binet / MYOP pour JA

Tribune émanant de l'association des Alumni de Sciences Po en Côte d’Ivoire. Composée de diplômés de Sciences Po, l’association prend notamment part à des débats portant sur la place des affaires d’Abidjan et des questions internationales.

Du Maroc à l’Ethiopie en passant par la Côte d’Ivoire, cette question qui concerne acteurs politiques et économiques est au cœur d’un débat grandissant.

Depuis la première révolution industrielle (XVIIIe siècle), la notion de croissance est un élément incontournable de la vie économique en Afrique, où certains pays connaissant d’importants taux de croissance depuis près d’une décennie. Désormais, certains budgets nationaux voient décliner la part de l’APD (aide publique au développement) au profit du financement par les marchés. Séduits par les résultats encourageants obtenus en matière d’IDE, certains dirigeants doivent vite répondre aux nombreuses attentes (emplois, stabilité, justice sociale, etc.) stimulées par la croissance.

Une question s’impose − non sans rappeler l’horizon politique dans lequel s’inscrit l’économie : comment traduire un indicateur économique en une dynamique tangible de prospérité partagée ?

Pour tenter d’y répondre, les alumni de Sciences Po ont convié un important acteur de l’assurance africaine, Pathé Dione (PDG du Groupe Sunu, un concepteur de politiques publiques, Jean-Louis Billon (homme politique) et un diplomate fin connaisseur de l’APD, Georges Serre, ambassadeur de France en Côte d’Ivoire. Lors de cette conférence-débat qui s’est tenue le 15 juin à Abidjan, leurs perspectives et celles du public ont convergé vers quelques lignes de force.

En Afrique, la croissance est souvent modeste face à l’étendue des besoins suscités par une forte démographie et une urbanisation sans précédent

En Afrique comme ailleurs, les pouvoirs publics évoluent dans un environnement d’une complexité accrue. Quand la croissance est au rendez-vous, elle est souvent modeste face à l’étendue des besoins suscités par une forte démographie et une urbanisation sans précédent, dans un contexte marqué par des exigences écologiques.

Par ailleurs, pour redistribuer la croissance, le pouvoir politique doit compter avec un temps économique plus lent que le temps électoral. Répondre avec diligence aux attentes des électeurs est nécessaire. Cependant, parer au plus urgent sans tracer un sentier de prospérité est onéreux – pour les hommes, les institutions et les entreprises.

Quelle qualité de croissance ?

Dès lors, la qualité de la croissance est primordiale – a fortiori quand de nombreux pays dépendent de l’exportation de matières premières brutes dont les cours (parfois très variables) sont fixés en fonction d’un marché mondial sur lequel ils ont peu d’influence.

Le champ d’action s’ancre au niveau national et se déploie aux niveaux régional et continental. Investir dans le capital humain, définir des secteurs structurants, concevoir des chaînes de valeur internationales, etc, comptent parmi les fondamentaux d’une croissance vertueuse.

 c’est autour d’un nouveau pacte social qu’une vision équilibrée de la croissance doit s’affirmer

En conclusion, c’est autour d’un nouveau pacte social qu’une vision équilibrée de la croissance doit s’affirmer. Fondée sur des instruments politiques et économiques, permettant des cycles longs, elle répondra à trois impératifs : la sécurité, la diversification et la redistribution.

Animés de l’ambition partagée de relever les défis, soucieux de faire coïncider développement humain et croissance économique, acteurs publics, privés et société civile ne peuvent que proposer des réponses stimulantes à la question : « La croissance, pour quoi faire » ?

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