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300 vaches et un million de dollars, Robert Mugabe amuse les chefs d’Etats de l’UA

Le président Robert Mugabe lors d'un discours à Masvingo, en décembre 2016. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

Coutumier des excentricités, le président zimbabwéen s'est une nouvelle fois fait remarqué lors de l'ouverture du 29ème sommet des dirigeants africains ce lundi à Addis-Abeba.

Au milieu des discours solennels et des minutes de silence, il y a parfois des instants déroutants. Ce lundi 03 juillet, lors de l’ouverture du 29ème sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union Africaine (UA), Robert Mugabe en était l’acteur principal.

A 93 ans, le pas fragile mais la voix assurée, le président zimbabwéen s’est avancé pour faire un don. « J’avais offert 300 têtes de bétail à la fondation de l’UA, mais ils ne savaient pas quoi en faire. J’ai donc décider de les vendre aux enchères, et de reverser l’argent », a expliqué le doyen des dirigeants du continent. Robert Mugabe s’est alors lancé dans une minutieuse description de la vente, assurant que les bêtes existaient bien en chair et en os, que cela avait été contrôlé, et qu’elles ne cessaient « de meugler en soprano et en alto », provoquant les rires de ses pairs. Montant récolté : un million de dollars.

Plus qu’anecdotique, la vente des vaches se voulait symbolique pour le héros de l’indépendance zimbabwéenne qui en a profité pour appeler à « trouver des méthodes novatrices pour le financement de l’UA ». Il a ainsi vigoureusement défendu l’idée d’une souveraineté financière de l’UA, sans laquelle l’organisation ne pourra « jamais accomplir sa mission ».

Le financement de l’UA au centre du sommet

La question est au cœur de ce 29ème sommet. Adoptée en janvier dernier, la réforme de l’organisation panafricaine portée par Paul Kagamé prévoit en effet la mise en place d’une taxe de 0,2% sur les importations en Afrique afin que l’UA gagne son indépendance financière – aujourd’hui, plus de 75% de son budget dépend des donateurs étrangers. Mais une partie des États membres fait preuve de réticence. Depuis janvier, seuls dix pays ont aujourd’hui intégré cette taxe dans leur législation nationale.

Robert Mugabe est coutumier des sorties remarquées. Il avait notamment multiplié les sorties retentissantes lorsqu’il était présent en exercice de l’UA, aimant les diatribes anti-occidentales et tenant des discours fleuves. Au Zimbabwe, englué dans une grave crise économique, les festivités fastueuses organisées pour ses anniversaires sont régulièrement l’objet de critiques.