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Biens mal acquis : l’avocat de Teodorin Obiang dénonce une « gesticulation médiatique »

Par AFP

Teodorin Obiang, le 30 septembre 2015 au siège des Nations Unies. © Frank Franklin II/AP/SIPA

Les poursuites annoncées à la suite d'un incident d'audience par William Bourdon, avocat de Transparency International, partie civile au procès du vice-président de Guinée équatoriale dans l'affaire des "biens mal acquis", procèdent d'une "gesticulation médiatique", a dénoncé dimanche le conseil de Teodorin Obiang.

« Cette annonce de dépôt de plainte n’est qu’une gesticulation médiatique destinée à permettre à Maître William Bourdon (…) d’éviter de répondre aux seules vraies questions », affirme Me Emmanuel Marsigny dans un communiqué transmis à l’AFP.

Lundi, devant le tribunal correctionnel de Paris, le mercenaire anglais Simon Mann, impliqué dans une tentative de coup d’État contre le président équato-guinéen en 2004, a affirmé avoir informé en 2011 Teodoro Obiang que Me Bourdon, ainsi que le financier George Soros et deux autres protagonistes du coup d’État manqué de 2004, avaient l’intention de renverser le régime. Simon Mann était cité comme témoin par la défense.

Selon Simon Mann, ceux qu’il a désignés envisageaient « toutes les options, y compris légales ».

Dénonçant un « procédé qui atteint le paroxysme de la salissure », une « très grave mise en cause par la défense » de Teodorin Obiang, « laquelle a choisi de faire entendre un témoin dans le seul but de diffamer le conseil de la partie civile », William Bourdon a annoncé qu’il allait « poursuivre en diffamation les auteurs et complices des affirmations faites à l’audience lui imputant d’avoir participé à un complot » et déposer plainte pour « l’usage de faux commis à l’appui et au soutien de ces affirmations diffamatoires ».

L’avocat du fils du président équato-guinéen, Me Emmanuel Marsigny, avait produit à l’audience un courriel de 2007 du bureau de l’homme d’affaires Ely Khalil, présenté comme le financeur de la tentative de coup d’État de 2004, qui aurait été envoyé à Me Bourdon.

Me Bourdon « connaît-il oui ou non Monsieur Ely Khalil ? A-t-il été en contact avec lui pour nourrir la procédure judiciaire ayant conduit au renvoi du vice-président (équato-guinéen) devant le tribunal correctionnel de Paris ? », demande Me Marsigny.

Le procès de Teodorin Obiang, accusé de s’être frauduleusement bâti en France un patrimoine considérable, est prévu jusqu’au 6 juillet.