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Crise des migrants : l’Italie demande aux Européens d’ouvrir leurs ports aux embarcations

Par Jeune Afrique avec AFP

Vendredi 3 février 2017, l'ONG espagnole Proactiva Open Arms secourt des migrants au large des côtes libyennes. © Emilio Morenatti/AP/SIPA

Peu avant de rencontrer ses homologues français et allemand dimanche 2 juillet, dans une interview, le ministre italien de l'Intérieur a appelé les pays européens à ouvrir leurs portes aux bateaux secourant les migrants pour alléger la pression sur Rome.

Confronté à un afflux de migrants, Rome a appelé ses voisins à l’aide dimanche 2 juillet. Dans une interview donnée au quotidien Il Messaggero, le ministre italien de l’Intérieur Marco Minniti a assuré que l’Italie faisait face à « une énorme pression » et a demandé aux Européens d’ouvrir leurs ports pour soutenir l’effort italien. 

Les bateaux qui sauvent les migrants « battent pavillon de différents pays européens », a souligné Marco Minniti, expliquant que des navires d’ONG, de l’opération navale européenne anti-passeurs Sophia et de l’agence européenne des frontières Frontex étaient impliqués, aux côtés des gardes-côtes italiens. « Si les seuls ports vers lesquels les réfugiés sont acheminés sont les ports italiens, cela ne marche pas. C’est le cœur de la question », a-t-il soutenu. « Je suis un europhile et je serais fier si même un seul bateau, au lieu d’arriver en Italie, allait dans un autre port. Cela ne résoudrait pas le problème de l’Italie, mais ce serait un signal extraordinaire » montrant que l’Europe veut aider l’Italie, a encore fait valoir le ministre.

Des centres d’accueil saturés

Depuis le début de l’année, l’Italie a enregistré plus de 83 000 arrivées de migrants, soit une hausse de plus de 19% par rapport à l’année précédente. La plupart d’entre eux sont sauvés en mer après avoir embarqué dans des bateaux de fortune au départ de la Libye. Ils sont ensuite transportés vers des ports italiens où ils sont hébergés dans des centres d’accueil dont la capacité est saturée.

Dimanche dans la soirée, Marco Minniti a rencontré ses homologues français et allemand, Gérard Collomb et Thomas de Maizière, ainsi que le commissaire européen chargé des migrations Dimitris Avramopoulos pour discuter d’une « approche coordonnée et concertée des flux migratoires en Méditerranée centrale ». « L’idée, c’est [...] de voir comment on peut mieux aider les Italiens », avait indiqué vendredi 30 juin à Paris une source de l’AFP proche du dossier. Jeudi 29 juin à Berlin, la chancelière allemande Angel Merkel et le président français Emmanuel Macron s’étaient par ailleurs tous deux dit prêts à mieux soutenir l’Italie. 

Un processus de demande d’asile en Libye

Le ministre italien a indiqué que Rome pousserait pour déplacer en Libye le processus de demande d’asile, et pouvoir acheminer en toute sécurité en Europe les migrants qui seraient retenus. « Nous devons distinguer ceux qui [...] ont le droit à une protection humanitaire et ceux qui ne l’ont pas », a-t-il expliqué. Selon lui, il faut s’assurer que les « premiers peuvent partir pour l’Europe, alors que les migrants économiques doivent être rapatriés sur une base volontaire ».

Selon les médias italiens, qui ne citent pas de source, Rome pourrait appeler à élaborer un code de conduite européen pour les bateaux de secours privés. Le Corriere della Sera affirme que les embarcations qui ne le respecteraient pas seraient « saisis ». Les ONG affirment pour leur part qu’elles n’ont pas le choix, car les trafiquants abandonnent les migrants dans des embarcations précaires qui font naufrage dès qu’elles atteignent les eaux internationales.