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Côte d’Ivoire : décès à la Maca d’un deuxième détenu pro-Gbagbo en un mois

Par Jeune Afrique avec AFP

La Maca, prison centrale d'Abidjan. © Sia Kambou/AFP

Pour la seconde fois en un mois, un détenu incarcéré pour des délits liés à la crise postélectorale de 2010-2011, à la Maca, la prison d'Abidjan, est mort ce jeudi. Un décès confirmé par le ministère ivoirien de la Justice.

Bonfils Todé avait été placé en détention à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) le 8 mai 2012. Il « est mort d’hypertension à l’infirmerie de la prison », a annoncé ce jeudi 29 juin à l’AFP Désirée Douati, présidente de l’Association des femmes et familles des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire (AFFDO-CI). Le ministère ivoirien de la Justice a reconnu le décès du détenu dans un communiqué, précisant que « selon les premières constatations du médecin-chef du centre, le défunt qui souffrait d’hypertension, se serait plaint, selon ses codétenus, de violents maux de tête pendant la nuit et se serait retrouvé dans un état comateux ».

Bonflis Todé a ensuite été transféré à l’infirmerie. « Le médecin-chef a alors délivré un bulletin d’évacuation au CHU de Yopougon. Malheureusement, le condamné a rendu l’âme pendant les formalités d’évacuation », affirme le communiqué signé par Joachim Kongoué  Koffi, directeur de l’administration pénitentiaire. Le communiqué précise également que Bonfils Todé avait été « jugé et condamné le 10 mars 2015 par la Cour d’Assises d’Abidjan, à dix ans de prison, pour atteinte à la défense nationale ».

Deux décès en un mois

C’est le second décès d’un militant pro-Gbagbo incarcéré en un mois. Le 20 mai dernier, Assié Jean Kouatchi est décédé dans des conditions similaires. Cet ex-gendarme avait été condamné à dix ans d’emprisonnement pour « attentat ou complot contre l’autorité », pour des faits liés aux violences post-électorales de 2010-2011. Le ministère de la Justice avait assuré avoir « pris les dispositions pour une prise en charge, lorsque l’état de santé de la victime s’était subitement dégradé ».

Les détenus pro-Gbagbo sont privés de droits à la santé

Des explications qui ne parviennent pas à convaincre l’AFFDO-CI. Sa présidente dénonce « les conditions inhumaines des détenus de la crise » et estime que « les détenus pro-Gbagbo sont privés de droits à la santé ». La lenteur des procédures judiciaires ivoiriennes et la longueur des détentions préventives sont régulièrement dénoncées par les familles des détenus comme par la communauté internationale.

L’annonce de ce décès intervient alors que Michel Gbagbo, l’un des fils de l’ancien président ivoirien actuellement jugé à La Haye, doit comparaître ce vendredi pour « divulgation de fausses nouvelles ». L’audience a finalement été reportée au mois d’octobre. Dans un entretien accordé au site d’information en ligne Koaci.com, il avait affirmé que « à la date du 30 mars 2016, 250 personnes étaient encore détenues dans les prisons » ivoiriennes et que « 300 personnes […] inculpées et placées sous mandat de dépôt depuis 2011 étaient portées disparues ». « Le parquet n’a été saisi d’aucun cas de disparition d’inculpés de la crise post-électorale », avait à l’époque réagi Richard Adou, procureur de la République, dénonçant des déclarations « mensongères ».

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