Arrêté aux Pays-Bas, l’ex-député Saïd Chaou sur le point d’être extradé vers le Maroc

Par Jeune Afrique avec AFP

L'ancien député marocain Said Chaou fait l'objet de deux mandats d'arrêt internationaux pour trafic de drogue. © Facebook/ Said Chaou/Capture d'écran

L’ancien député marocain Saïd Chaou, au centre d’une crise diplomatique entre le Maroc et les Pays-Bas, a été arrêté jeudi 29 juin par les autorités néerlandaises. Il doit être présenté devant un juge qui statuera sur son extradition.

L’information, diffusée dans la journée par la presse néerlandaise, a été confirmée dans la soirée par la diplomatie marocaine. Celui que l’on surnomme le « mercenaire de l’agitation », Saïd Chaou, a été arrêté hier aux Pays-Bas. Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, « a informé le Conseil du gouvernement de l’arrestation, jeudi aux Pays-Bas, du dénommé Saïd Chaou », a écrit le ministère marocain des Affaires étrangères (MAECI) sur son compte Twitter en fin de journée.

L’arrestation de l’ancien député marocain est « un développement important dans le traitement de cette affaire liée au crime organisé et qui dure depuis des années », estime le MAECI dans un communiqué. « Chaou sera jugé au Maroc conformément à la loi en vigueur et dans le respect des garanties requises », affirme le même communiqué.

Un juge néerlandais doit se prononcer sur l’extradition

Une source diplomatique marocaine a également confirmé à l’Agence France-presse qu’il avait été arrêté « en vue d’être extradé vers le Maroc ». L’agence de presse néerlandaise ANP précise cependant que Saïd Chaou doit désormais être présenté devant un tribunal néerlandais dont les juges décideront de son extradition. Selon une source de l’ANP au sein du ministère néerlandais des Affaires étrangères, Rabat aurait donné des garanties sur le fait que Saïd Chaou serait jugé au Maroc pour le chef d’accusation de « trafic de drogue » et non pour ses activités politiques.

Le dossier de Saïd Chaou a été au centre d’un début de crise diplomatique entre Rabat et La Haye. Samedi 24 juin, le royaume chérifien a même décidé de rappeler son ambassadeur à La Haye pour consultation. Un coup de poing sur la table diplomatique après plusieurs mois d’échanges feutrés au sujet de Saïd Chaou, qui fait l’objet de deux mandats d’arrêt internationaux émis par la justice marocaine, l’un pour « association de malfaiteurs » en 2010 et l’autre pour « trafic international de stupéfiants » en 2015.

Personnage controversé, accusé d’avoir construit sa fortune sur le trafic de drogue entre le Maroc et les Pays-Bas, Saïd Chaou a également été député, en 2007. Il est aussi accusé par le pouvoir marocain d’être à la manœuvre, tentant de radicaliser le mouvement qui secoue la région du Rif depuis huit mois, en apportant un soutien logistique et financier au mouvement Hirak.