Médiation au Burundi : Bujumbura met en garde Michel Kafando contre tout « penchant » pour l’opposition en exil

Par Jeune Afrique avec AFP

Michel Kafando, l'ancien président du Burkina Faso, a été nommé envoyé spécial de l'ONU au Burundi en mai 2017. © Theo Renaut/AP/SIPA

L'ancien président du Burkina Faso Michel Kafando, nommé en mai dernier envoyé spéciale de l'ONU au Burundi, a rencontré pour la première fois le président Pierre Nkurunziza, jeudi 29 juin. Le gouvernement burundais a profité de cette première visite protocolaire pour le mettre en garde contre toute accointance avec l'opposition en exil.

Après la rencontre entre le président burundais Pierre Nkurunziza et Michel Kafando, nommé en mai dernier envoyé spécial de l’ONU au Burundi, le porte-parole de la présidence burundaise, Claude Karerwa Ndanzako, a déclaré que « le gouvernement burundais a foi en M. Kafando au regard de son expérience, de ce qu’il a vécu ». Une profession ne masquant pas l’avertissement qui a suivi, rappelant à l’ancien président du Burkina Faso, qu’un « penchant » pour l’opposition de ce pays en crise ne serait pas toléré.

Les penchants pour l’opposition

« Nous estimons et nous espérons qu’il (Michel Kafando, ndlr) fera mieux que ses prédécesseurs », a ajouté le porte-parole. En effet, Michel Kafando a remplacé Jamal Benomar, très critiqué par le gouvernement burundais. Saïd Djinnit et Abdoulaye Bathily, prédécesseurs de Jamal Benomar, avaient également été récusés par le pouvoir.

Le gouvernement a justement profité de l’occasion pour détailler les limites à ne pas franchir en s’appuya,t sur ces exemples.  « À un certain moment, ils ont eu un penchant (pour l’opposition), ils ont sorti des rapports calomnieux à l’égard du Burundi, ils ont exagéré des faits, ils n’ont pas respecté les lois du Burundi », a énuméré le porte-parole, faisant notamment référence à un rapport d’experts onusiens attribuant à la police et aux forces de sécurité gouvernementales des « violations graves des droits de l’homme ».

 Je compte sur les autorités de ce pays pour qu’ensemble nous puissions faire avancer la cause burundaise

Bujumbura estime que ceux qui veulent associer l’opposition au dialogue de sortie de crise violent les résolutions de l’ONU. Ces dernières prévoyant l’exclusion des responsables des violences et le gouvernement considérant que l’opposition en exil en est responsable, le pouvoir ne veut pas des opposants à la table des négociations. « La mission que j’ai acceptée est certainement difficile », a pour sa part déclaré à la presse Michel Kafando. « Mais j’ai une détermination farouche à vraiment réussir ma mission, et je compte sur les autorités de ce pays pour qu’ensemble nous puissions faire avancer la cause burundaise ».

500 à 2 000 morts

Le nouvel émissaire effectuait cette semaine sa première visite au Burundi, alors que le processus de sortie de crise est au point mort, Bujumbura refusant de discuter avec son opposition en exil. Le Burundi traverse une grave crise politique émaillée de violences depuis la candidature en avril 2015 de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé et sa réélection en juillet de la même année.

Les violences ont déjà fait 500 à 2 000 morts, selon l’ONU et des ONG, causé des centaines de cas de disparition forcées et de torture et ont poussé à l’exil plus de 400 000 Burundais.

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