Maroc : Saadeddine El Othmani exhorte la population d’Al Hoceïma à « coopérer »

Par Jeune Afrique avec AFP

Un manifestant à Al-Hoceïma, le 29 mai 2017. © Mosa'ab Elshamy/AP/SIPA

Le chef du gouvernement marocain Saadeddine El Othmani a exprimé « son regret et sa tristesse » après les violences qui ont éclaté lundi 26 et mardi 27 juin à Al Hoceïma et Imzouren dans le nord du Maroc.

Après avoir exprimé sa tristesse à la presse locale mercredi 28 juin face aux violences observées à Al-Hoceïma et Imzouren en début de semaine, le chef du gouvernement marocain, Saadeddine El Othmani a « exhorté la population locale à coopérer » tout en « insistant sur la nécessité […] d’enquêter sur tout abus » présumé par les forces de l’ordre. Épicentre d’un mouvement de contestation qui secoue le nord du royaume depuis huit mois, la ville d’Al Hoceïma et plusieurs localités environnantes ont été le théâtre de violents affrontements entre manifestants et policiers lundi 26 et mardi 27 juin.

Selon l’exécutif local, près de 80 policiers auraient été blessés dans les violences. En revanche, le nombre de victimes du côté des manifestants n’est toujours pas connu, tandis qu’environ 150 personnes ont été arrêtées ces trois derniers jours, dont une quarantaine étaient toujours détenues ce mercredi, selon des défenseurs des droits de l’Homme.

Les protestataires réclamaient la libération des détenus du « hirak », nom du mouvement de contestation qui revendique le développement d’une région se disant « marginalisée ». Ce mouvement avait lancé un appel à un « grand rassemblement » pour marquer l’Aïd el-Fitr. Le leader du mouvement, Nasser Zefzafi, et ses principales figures ont tous été interpellés fin mai.

Des mesure d’urgence pour développer la région

L’État marocain avait relancé ces derniers mois un vaste programme de développement dans la province mais son exécution a pris du retard. Ainsi Saadeddine El Othmani a annoncé « une série de mesures d’urgence » pour rattraper les retards, et la convocation la semaine prochaine d’une réunion des partis de la majorité.

Sa déclaration fait écho aux critiques virulentes portées par le roi Mohammed VI à l’encontre de ses ministres, dimanche 25 juin pour la « non-exécution dans les délais impartis » de ces projets.

Cinq maires de la province d’Al Hoceïma démissionnent

Saadeddine El Othmani, patrond’une coalition surtout dominée par des ministres technocrates vus comme proches du Palais, se retrouve « en posture difficile face à une crise qui lui échappe alors qu’une bronca au sein de son parti, le PJD, atteste des tensions politiques subies par un exécutif conspué de toutes parts », commentait jeudi matin le site d’information en ligne Le Desk.

Les réseaux sociaux ont par ailleurs relayé une lettre adressée au représentant du roi, dans laquelle cinq maires de la province d’Al Hoceïma annoncent leur démission et dénoncent « l’approche sécuritaire de l’État et la répression ».

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