Tunisie : gel des avoirs de l’homme d’affaires et patron du Club africain Slim Riahi

Par Jeune Afrique

L'homme d'affaires tunisien Slim Riahi en campagne pour la présidence 2014. © AP/SIPA

La justice tunisienne a annoncé mercredi 28 juin sa décision de geler les avoirs de Slim Riahi, soupçonné de "corruption et de blanchiment d'argent". Célèbre homme d'affaires, il est également président du Club Africain (CA), un club de football tunisien, et à la tête d'un parti politique.

« Le juge d’instruction au sein du Pôle judiciaire, économique et financier a décidé mercredi le gel de toutes les actions en bourse, de tous les comptes bancaires et de tous les biens de l’homme d’affaires Slim Riahi », a détaillé Sofiène Sliti, porte-parole du Parquet. Des demandes ont été déposées à cet effet par le juge auprès de l’Instance du marché financier, de la Banque centrale de Tunisie (BCT), et de la direction de la propriétaire foncière, a-t-il précisé à l’agence TAP.

Sofiène Sliti a également déclaré sur le site de Nessma TV que cette décision, expliquée par des « éléments nouveaux » dans l’enquête en cours, n’était pas liée à la plainte déposée par l’ancien président de la République Moncef Marzouki en 2012 contre Slim Riahi, l’accusant de corruption.

Slim Riahi dénonce un « chantage politique »

Cette annonce intervient suite au lancement d’un vaste coup de filet anticorruption (surnommé opération « mains propres ») par le gouvernement de Youssef Chahed fin mai. Depuis, les autorités tunisiennes ont annoncé l’arrestation et le placement en résidence surveillée de plusieurs hommes d’affaires tunisiens, ainsi que le gel de leurs avoirs pour des profits réalisés selon elles « de manière illégale ».

Dans une interview accordée à la chaîne privée Nessma TV, Slim Riahi, 44 ans, affirme avoir appris la nouvelle « en ayant écouté le porte-parole du tribunal » mercredi et que pour lui, « rien n’était encore officiel ». Il clame être victime d’un « chantage politique » et considère la lutte anticorruption menée par le gouvernement comme « une opération sélective ».

Surnommé le « Berlusconi tunisien » pour sa propension à mélanger politique, business et sport, il affirme que « Youssef Chahed est fini politiquement » et promet de « prendre [ses] dispositions » au plus vite.

 

 

Président du parti politique l’Union patriotique libre (UPL), arrivé en troisième position aux législatives de 2014, Slim Riahi avait présenté la même année sa candidature à la présidentielle. Il a également pris la tête du Club africain (CA) en 2012, l’une des deux grandes équipes de foot de Tunis, vainqueur de la Coupe de Tunisie de 2017.

Cette double casquette de leader de parti politique et de dirigeant sportif a suscité la polémique. Mardi 27 juin, une assemblée générale du CA s’est d’ailleurs déroulée dans une ambiance houleuse et Slim Riahi a été hué par des participants, certains lui ordonnant qu’il « dégage ».

Tensions au sein du Club Africain

Dans un communiqué publié mercredi soir, le comité directeur du Club Africain a annoncé sa démission suite à des « débordements dépassant toutes les règles de la bienséance ». Une situation « sans précédent dans l’histoire du club », affirme le document. Le président du club, Slim Riahi, et les membres du comité directeur ont dû quitter l’assemblée générale du club avant sa fin face au mécontentement exprimé par des adhérents concernant le déficit budgétaire du club.

Une commission d’enquête sur ces incidents sera créée « pour prendre les mesures administratives et légales nécessaires dans un délai de 72 heures », précise le communiqué.

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