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France : enquête sur la mort en Tunisie d’un député proche de l’ancien régime de Ben Ali

Par Jeune Afrique avec AFP

Procès de l’ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali le 20 juin 2011, dans la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis. © Hassene Dridi/AP/SIPA

La justice française enquête sur les circonstances de la mort en Tunisie en 2014 de Jilani Daboussi, un proche de l'ancien régime décédé des suites de sa détention provisoire, qualifiée d'"arbitraire" par sa famille à l'origine de la plainte en France.

Ce médecin franco-tunisien, converti aux affaires et ancien député du parti du président déchu Ben Ali, était mort à 67 ans quelques heures après sa sortie de prison, au terme de 31 mois de détention sans procès pour des accusations de corruption. Souffrant d’insuffisance cardiaque et rénale après un infarctus en prison, l’homme d’affaires s’était vu refuser d’être placé en milieu hospitalier pour suivre des séances de dialyse.

Considérant que leur plainte n’avait aucune chance d’être instruite en Tunisie, sa famille – franco-tunisienne – s’était tournée en octobre 2014 vers le parquet de Paris qui avait ordonné une enquête. « Une demande d’entraide internationale a été effectuée, dont on ignore le contenu », a expliqué leur avocate, Pauline Manesse, jointe par l’AFP.

« Pressions » subies par la famille 

Pour relancer les investigations, une plainte avec constitution de partie civile a été déposée à Paris en janvier pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner », « torture » et « détention arbitraire ».

Une information judiciaire a été ouverte en mai, selon une source judiciaire.

« La famille Daboussi va être entendue en octobre » par le juge d’instruction, a annoncé l’avocate. Selon elle, cette affaire « agite manifestement les cercles les plus influents du pouvoir » tunisien et le fils de la famille qui vit là-bas « fait l’objet de pressions pour se taire ».

Ancien maire de Tabarka (nord), Jilani Daboussi avait été incarcéré en octobre 2011 et inculpé de corruption et abus de pouvoir, après le soulèvement qui a renversé le régime de Ben Ali en janvier 2011.

En septembre 2012, l’Association tunisienne de lutte contre la torture (ATLCT) avait lancé un appel pour « sauver la vie » de ce prisonnier alors en grève de la faim, défendu par Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme.