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Maroc : 79 policiers blessés dans les heurts à Al Hoceïma et Imzouren pendant l’Aïd, selon l’exécutif

Par Jeune Afrique

Depuis l'arrestation du leader de la contestation, Nasser Zefzafi, le 29 mai, les manifestations sont quotidiennes à Al-Hoceïma. D'autres villes ont été le théâtre de manifestations, comme Rabat, ici le dimanche 11 juin 2017. © Mosa'ab Elshamy/AP/SIPA

Des heurts à Al Hoceïma et Imzouren au Maroc, lundi 26 et mardi 27 juin auraient fait près de 80 blessés dans les rangs des forces de l'ordre d'après l'exécutif, tandis que le bilan reste inconnu du côté des manifestants.

Les violences survenues le jour de l’Aïd el-Fit à Al Hoceïma au Maroc lundi 26 juin ont fait une cinquantaine de blessés parmi les policiers, d’après l’AFP. Le lendemain, ils étaient 29 à être blessés lors de nouveaux heurts dans la localité voisine d’Imzouren, alors que la situation était calme à Al Hoceïma, avec en guise de protestations des concerts de casseroles. Le nombre de blessés parmi les policiers dans ces heurts, en deux jours, serait donc de 79 blessés. Ces chiffres, rapportés par l’AFP, émanent d’une source de l’exécutif local, et aucune estimation similaire concernant les manifestants n’a été communiquée. Tous les blessés mentionnés par l’agence de presse étaient sortis de l’hôpital ce mercredi 28 juin.

Des interventions musclées

De violents affrontements avaient éclaté lundi, jour de l’Aïd el-Fitr, à Al Hoceïma, épicentre d’un mouvement de contestation pacifique qui secoue le nord du royaume depuis huit mois. Selon des militants locaux qui ont parlé à l’AFP, la police avait verrouillé les accès à la ville et dispersé violemment toute tentative de rassemblement. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, relayées par des partisans de la contestation, ont montré des interventions musclées des policiers à coups de matraques dans les ruelles de la ville, avec des jeunes laissés inconscients à terre ou le visage ensanglanté.

Les autorités locales ont de leur côté dénoncé des « groupes d’individus, dont certains encagoulés, qui ont provoqué et caillassé les forces de l’ordre ».

Un rassemblement pour l’Aïd el-Fitr

Les protestataires réclamaient la libération des détenus du « hirak », nom du mouvement de contestation qui revendique le développement d’une région se disant « marginalisée ». Ce mouvement avait lancé un appel à un « grand rassemblement » pour marquer l’Aïd el-Fitr. Le leader du mouvement, Nasser Zefzafi, et ses principales figures ont tous été interpellés fin mai.

Un manifestant réclame la libération de Nasser Zefzafi (gauche) et Mohamed Jaloul, tous les deux arrêtés lors des manifestions à Al-Hoceïma © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Ces violences sont intervenues au lendemain des critiques virulentes portées par le roi Mohammed VI à l’encontre de ses ministres. Dimanche 25 juin, il leur avait fait part de « sa déception, son mécontentement et sa préoccupation » devant les retards accumulés dans la mise en place de l’un des principaux programmes de développement de la région du Rif.