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Gabon : après avoir menacé de faire exploser les locaux de plusieurs médias, Roland Désiré Aba’a Minko est en détention préventive

Par Jeune Afrique avec AFP

Vue de Libreville, où sont situées tous les médias et bâtiments administratifs dont parlait Roland Désiré Aba'a Minko dans son message vidéo. © Manuel Dohmen by Wikimedia Commons

Roland Désiré Aba'a Minko, ancien candidat à la présidentielle gabonaise, avait menacé mi-juin de faire exploser les locaux de plusieurs chaines de télévision et plusieurs bâtiments administratifs à Libreville si le président Ali Bongo ne quittait pas le pouvoir. Ce mardi, il a été placé en détention préventive mardi 27 juin.

Roland Désiré Aba’a Minko « a été placé en détention préventive avec Guy Arlin Nang Ango (son ancien directeur de campagne, NDLR) » mardi 27 juin au soir, après avoir été inculpé entre autres d’« atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, d’incitation à la révolte et de diffusion de fausses nouvelles en vue de troubler l’ordre public », a rapporté à l’AFP le procureur de la République, Steeve Ndong Essame Ndong.

Le 16 juin, cet ancien candidat à la présidentielle du 27 août 2016 avait organisé des opérations « commandos » au sein de plusieurs médias de la capitale gabonaise Libreville, parmi lesquels : Africa N°1, Gabon TV, Kanal 7 ou encore TV Plus. Des hommes, non identifiés et équipés d’armes blanches s’étaient introduits dans plusieurs de ces rédactions en demandant la diffusion d’un message de Roland Désiré Aba’a Minko, dans lequel ce dernier appelait à « la déstabilisation des institutions ».

 

 

L’opération s’est conclue à plusieurs reprises avec le départ des hommes armés, lesquels ont laissé derrière eux des engins explosifs désamorcés.

Jérémy Nzamba, journaliste à Africa N°1 partage sa version des faits :

 

 

Roland Désiré Aba’a Minko « assume »

En parallèle, Roland Désiré Aba’a Minko, avait déclaré dans un discours sur la voie publique « avoir miné tous les bâtiments administratifs et ministériels » et menacé de les faire exploser. Il avait enjoint le chef de l’État de quitter le pouvoir dans les 72 heures, créant ainsi un léger mouvement de panique rapporte l’AFP. L’ex candidat a aussi déclaré « avoir posé ces actes pour faire peur et assume les conséquences » selon le procureur.

Roland Désiré Aba’a Minko avait été interpellé le jour même à la délégation de l’Union européenne (UE) à Libreville où avait été retrouvée une bombe factice, selon une source sécuritaire jointe par l’AFP. L’enquête judiciaire « se poursuit pour rechercher et identifier les co-auteurs et complices qui courent toujours », a précisé le procureur.

Cette affaire reste sujette à de nombreux questionnements au Gabon, toujours en proie à des tensions post-électorales. Tous les partis politiques ont rapidement condamné l’incident du 16 juin, tout en s’accusant mutuellement d’avoir orchestré les agissements de Roland Désiré Aba’a Minko. Ce dernier avait rallié Jean Ping lors de la présidentielle. Le principal opposant, qui se déclare encore président élu, s’est rapidement désolidarisé via un communiqué, de l’action de son ancien soutien.