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Le Kenya se découvre 5 millions d’électeurs supplémentaires à l’approche de la présidentielle

Par Jeune Afrique avec AFP

Dans un bureau de vote à Kajiado, à 60 km de Nairobi, lors des élections générales du 4 mars 2013 au Kenya. © Sayyid Azim/AP/SIPA

À quelques semaines des élections générales du 8 août prochain, la Commission électorale kényane a annoncé ce mardi 27 juin que le pays compte désormais cinq millions d’électeurs de plus que lors du scrutin de 2013. Soit une hausse de 36%.

Ce sont donc un peu plus de 19,6 millions d’électeurs kényans qui vont être appelés aux urnes pour les élections générales du 8 août prochain. Ils devront départager les huit candidats à la présidence, mais aussi élire les députés, sénateurs et gouverneurs de comté. Cela représente une augmentation de cinq millions d’inscrits par rapport au scrutin de 2013, soit un corps électoral qui s’est agrandi de 36%. Cette hausse spectaculaire est principalement attribuée à une vaste campagne d’enregistrement lancée début 2017 et largement relayée par les huit candidats à l’élection présidentielle.

La Commission électorale indépendante, qui a rendu son rapport ce mardi 27 juin, est également revenue sur une polémique tenace concernant le nombre de personnes décédées encore inscrites sur le fichier électoral. Le registre a été évalué par la société privée d’audit KPMG, qui a rendu son rapport le 9 juin dernier. Cette évaluation indépendante, une première dans l’histoire du Kénya, a abouti au retrait des noms d’environ 90 000 personnes décédées qui se trouvaient encore inscrites sur les listes.

Nous sommes conscients du fait que le registre des votants ne peut pas être complètement débarrassé des personnes décédées

Mais les doutes persistent, d’autant plus que KPMG a souligné dans son rapport le déficit d’informations fiables sur les décès dans le pays. Le cabinet d’audit estime que le nombre potentiel de personnes décédées encore inscrites sur les listes électorales établies en 2017 s’élèverait à un million. « Nous sommes conscients du fait que le registre des votants ne peut pas être complètement débarrassé des personnes décédées. Cependant, nous sommes confiants quant au fait que la technologie fournira une authentification infaillible le jour des élections, et qu’il n’y aura pas de place pour des méfaits », a indiqué Wafula Chebukati, le président de la Commission électorale indépendante dans un communiqué.

Les autorités kényanes ont en effet fait appel à la société française Safran Morpho pour la mise en place du système « KIEMS », pour « Kenya Integrated Elections Management System ». Une méthode d’authentification électronique couplée à des éléments biométriques – photos et empreintes digitales – qui doit en théorie assurer la crédibilité du scrutin. Les conditions d’attribution de ce marché à la société française ont d’ailleurs été l’objet d’une polémique au Kenya, débouchant même sur un dépôt de plainte en avril dernier.

En 2013, Uhuru Kenyatta avait remporté la présidentielle avec une marge de quelque 800 000 voix face à Raila Odinga. Celui-ci avait alors contesté le résultat, s’appuyant notamment sur une défaillance du système électronique – déjà en partie confié à la société Safran et qui incluait également une reconnaissance biométrique -, qui avait obligé la Commission électorale à basculer sur l’ancien système manuel.

Pour ce scrutin, dix ans après les violences post-électorales de 2007-2008 qui avaient fait plus d’un millier de morts, le pays compte huit candidats à la présidentielle, dont Uhuru Kenyatta et Raila Odinga.

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