Crise au Burundi : Michel Kafando à Bujumbura pour rencontrer Pierre Nkurunziza

Par Jeune Afrique avec AFP

Michel Kafando, l'ancien président du Burkina Faso, a été nommé envoyé spécial de l'ONU au Burundi en mai 2017. © UN Photo/Eskinder_Debebe

Michel Kafando, ancien président du Burkina Faso nommé en mai dernier envoyé spécial de l’ONU au Burundi, est arrivé ce mardi 27 juin à Bujumbura. Il s’agit d’un « premier contact » avec le président burundais Pierre Nkurunziza avant d’entrer dans le vif du sujet, la semaine prochaine.

Michel Kafando est arrivé à Bujumbura hier pour une visite « protocolaire » à Pierre Nkurunziza. « Le nouvel envoyé spécial (de l’ONU au Burundi) vient pour rencontrer et faire connaissance avec le président Pierre Nkurunziza, se présenter pour un premier contact », a précisé une source diplomatique onusienne. Michel Kafando devrait rencontrer le ministre burundais des Relations extérieures, Alain-Aimé Nyamitwe, ce mercredi, selon un cadre burundais cité par l’AFP sous couvert d’anonymat, qui précise que l’envoyé spécial de l’ONU rencontrera le président Pierre Nkurunziza « probablement » jeudi.

Tournée préparatoire

Michel Kafando doit ensuite se rendre en Tanzanie, jeudi 29 juin, pour y rencontrer l’ancien président Benjamin Mkapa, facilitateur dans la crise burundaise. Il doit ensuite se rendre en Ouganda où il rencontrera le médiateur principal dans la crise que traverse le Burundi depuis 2015, le président ougandais Yoweri Museveni. Cette première tournée de présentation aux différents acteurs de la médiation au Burundi se terminera par une série de  rencontres au siège de l’Union africaine en Éthiopie.

Son objectif est de voir comment il peut aider dans la relance d’un processus de dialogue totalement au point mort

« Il s’agit pour l’envoyé spécial d’une prise de contact avant qu’il n’entre dans le vif du sujet dès la semaine prochaine avec une nouvelle tournée, qui va commencer par Bujumbura, au cours de laquelle il compte rencontrer tous les protagonistes du conflit burundais », a expliqué à l’AFP une source diplomatique au sein de l’Organisation des Nations unies. « Son objectif est de voir comment il peut aider dans la relance d’un processus de dialogue totalement au point mort. »

L’ancien président du Burkina Faso a été nommé envoyé spécial de l’ONU pour le Burundi le 5 mai dernier. Il a succédé à Jamal Benomar, en poste depuis novembre 2015 et très critiqué par le gouvernement burundais, qui avait même réclamé sa démission. Sa feuille de route, fixée par António Guterres, le secrétaire général de l’ONU, est de « mener et de coordonner les efforts politiques des Nations Unies pour promouvoir la paix et le développement durable au Burundi ». Michel Kafando doit également apporter « son assistance aux efforts de la Communauté des États d’Afrique de l’Est en vue d’un dialogue politique entre les acteurs burundais ».

Entre 500 et 2000 morts depuis le début de la crise

Une mission pour le moins épineuse, tant les relations entre le Burundi et l’ONU sont tendues. La crise politique ouverte en avril 2015 par la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé, et sa réélection en juillet 2015, a entraîné une vague de violences dans le pays. Entre 500 et 2 000 personnes ont été tuées, selon les estimations délivrées par l’ONU et des ONG, tandis que le nombre de personnes portées disparues reste difficile à évaluer.

« Trois millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire et 2,6 millions (sont) exposées à une insécurité alimentaire aiguë, alors que 700 000 dépendent d’une aide alimentaire d’urgence », a par ailleurs indiqué Tayé-Brook Zerihoun, sous-Secrétaire général des Nations Unies aux affaires politiques dans son rapport délivré devant le Conseil de sécurité la semaine dernière. Un rapport qui recense également « plus de 400 000 réfugiés et 209 000 déplacés internes », « des exécutions extra-judiciaires, des actes de torture et autres traitements inhumains et dégradants, des violences sexuelles et basées sur le genre, des arrestations et détentions arbitraires et des disparitions forcées » et s’inquiète également de « discours de haine prononcés par certaines autorités de l’État, des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure ».

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici