Fermer

Maroc : un carré d’as au ministère de l’Intérieur

Mohammed VI à Marrakech en novembre 2016. © Mosa'ab Elshamy/AP/SIPA

Parmi les 26 nouveaux walis et gouverneurs, nommés par Mohammed VI en Conseil des ministres le 25 juin, quatre cadres héritent de directions stratégiques au sein de l’administration centrale. Qui sont-ils ? Quelles sont leurs missions ?

Six régions sur les douze que compte le Maroc ont désormais un nouveau Wali. Les provinces ne sont pas en reste : 18 d’entre elles devraient accueillir un nouveau gouverneur après l’aïd El Fitr. Mais dans cette vague de nominations, entérinée lors du Conseil des ministres présidé par Mohammed VI le 25 juin, ce sont les walis nouvellement nommés dans l’administration centrale qui volent la vedette : ils récupèrent des directions névralgiques de ce département de l’Intérieur.

Ainsi, Khalid Safir qui était aux commandes de la wilaya de Casablanca depuis 2013 rebondit dans l’administration centrale en tant que wali directeur général des collectivités locales. Ce polytechnicien de 50 ans succède à Samir Mohamed Tazi qui, il y a 18 mois à peine, faisait son entrée dans le département de l’Intérieur alors qu’il avait fait quasiment toute sa carrière au ministère des Finances.

Mais Samir Tazi, 54 ans, ne va pas loin : il se retrouve désormais wali directeur général du Fonds d’équipement communal (FEC), le bras financier du ministère de l’Intérieur qui peut agir comme une banque pour les collectivités territoriales. Les deux hommes vont donc travailler en étroite collaboration dans la mesure où le FEC et la direction des Collectivités locales agissent souvent de concert. Et cela tombe bien, les deux hommes se connaissent : ils ont déjà été collègues au ministère des Finances.

D’ailleurs, leur connaissance des rouages des finances publiques a été déterminante dans le casting, sachant que la mise en place de la régionalisation avancée passe essentiellement par la consécration de moyens financiers substantiels aux collectivités territoriales, qu’il va falloir gérer avec efficience.

Une femme à l’inspection régionale

Autre nom qui se démarque dans la liste des dernières nominations : Zineb El Adaoui. Cette ancienne magistrate de la Cour des comptes avait été, en 2014,  la première femme nommée wali d’une région au Maroc. Après un passage à Kénitra et à Agadir, elle hérite à 57 ans de l’inspection générale de l’administration territoriale, renforçant ainsi sa réputation de dame de fer. Car comme son nom l’indique, cette direction est chargée d’auditer et de contrôler les différents services de l’Intérieur. Et Zineb El Adaoui devrait commencer dans ses nouvelles fonctions avec une première mission délicate : mener de concert avec l’Inspection générale des finances l’enquête ordonnée par le roi Mohammed VI au sujet du fiasco du projet « Al Hoceima, phare de la Méditerranée ».

Zineb El Adaoui comme ses deux collègues Khalid Safir et Samir Mohammed Tazi, devront rendre des comptes au nouveau secrétaire général du ministère de l’Intérieur. Il s’agit de Mohamed Faouzi (59 ans) qui a été lui-même inspecteur général de l’administration territoriale depuis 2014, mais qui a passé ces dernières années à faire de l’intérim dans des régions et des provinces sans walis ou gouverneur. Sa dernière mission l’a d’ailleurs mené à Al Hoceïma, où il s’était installé fin mars dernier, après que l’ancien gouverneur a été relevé de ses fonctions.