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Maroc : nouvelles violences à Al Hoceïma le jour de l’Aïd el-Fitr

Par Jeune Afrique avec AFP

Depuis l'arrestation du leader de la contestation, Nasser Zefzafi, le 29 mai, les manifestations sont quotidiennes à Al-Hoceïma. D'autres villes ont été le théâtre de manifestations, comme Rabat, ici le dimanche 11 juin 2017. © Mosa'ab Elshamy/AP/SIPA

Des heurts ont à nouveau opposé lundi les forces de l’ordre aux manifestants du Hirak dans la province d’Al Hoceïma. Le mouvement de contestation rifain avait appelé à un grand rassemblement pour marquer l’Aïd el-Fitr, au lendemain des déclarations du roi Mohammed VI qui a critiqué son gouvernement pour les lenteurs de la mise en œuvre des chantiers de développement dans cette région.

La ville d’Al Hoceïma a été « complètement verrouillée » par les forces de sécurité. La police a « multiplié des contrôles » sur les voies d’accès à la ville, selon le témoignage d’un journaliste marocain présent sur place et cité par l’Agence France-Presse. « Des manifestants venant de localités voisines, notamment d’Imzouren et de Tammassin, ont été empêchés d’y accéder », précise le journaliste.

Selon un témoin cité par l’AFP, à Ajdir, une localité proche d’Al Hoceima, « des heurts ont éclaté entre les forces de l’ordre et des manifestants qui voulaient se rendre » en ville. Les affrontements ont fait plusieurs blessés et les forces de l’ordre ont procédé à « une dizaine d’arrestations » parmi les manifestants. Dans la ville-même d’Al Hoceïma, des manifestants se sont massés aux alentours de 17 heures mais ont été « brutalement réprimés par les forces de l’ordre ».

Les arrestations de manifestants cristallisent les tensions

Les manifestants avaient répondu à l’appel lancé par les activistes du mouvement contestataire Hirak, qui secoue le Rif marocain depuis huit mois, à un « grand rassemblement » pour marquer l’Aïd el-Fitr. Ils réclamaient notamment la libération des personnes arrêtées lors des précédentes manifestations. « Aucune issue à la crise n’est possible sans la libération des détenus », a jugé un élu local de la région, joint par l’AFP. Il dénonce par ailleurs « la lenteur des procédures judiciaires (qui) a envenimé la situation » et plaide pour que « s’il y a des innocents, qu’ils soient libérés pour apaiser les tensions ».

Ces nouveaux heurts sont intervenus au lendemain des critiques virulentes portées par le roi Mohammed VI à l’encontre de ses ministres, qui a dit « sa déception, son mécontentement et sa préoccupation » devant les retards accumulés dans la mise en place de l’un des principaux programmes de développement de la région du Rif.

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