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RDC – Pétrole : Global Witness presse Soco de se retirer du parc des Virunga

Par Jeune Afrique

Rassemblement d'habitants des villages de Gisigari et de Rugari, dans le parc des Virunga. © AFP

Dénonçant "l'ambiguïté" de la démarche de Soco, société britannique qui s'est engagée en juin à ne pas entreprendre de forage à l'intérieur du parc national des Virunga, l'ONG Global Witness a appelé jeudi la société pétrolière britannique à abandonner définitivement ses projets dans l'est de la RDC.

Dans un communiqué publié le 4 septembre, l’organisation non gouvernementale britannique Global Witness Soco a appelé "les actionnaires de Soco à presser la société à se retirer du parc national des Virunga pour de bon".

Un nouvel épisode s’ouvre dans le conflit qui oppose depuis plusieurs mois la société pétrolière et les défenseurs de l’environnement. En effet, en dépit du fait que les Virunga figurent sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité établie par l’Unesco, Soco s’est vu octroyer par les autorités congolaises en 2010 un contrat de partage de production pétrolière portant sur une concession à cheval sur une partie du parc.

Sous la pression de l’Unesco et de plusieurs chancelleries occidentales, Kinshasa a suspendu en 2011 le permis d’exploration accordé à Soco, mais l’entreprise a réussi à être associée à "l’étude environnementale et stratégique" (EES) devant décider du maintien ou non de cette suspension, ce qui lui a valu récemment de pratiquer des tests sismiques à l’intérieur du parc.

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Déclaration ambigüe ?

Après une intense mobilisation locale et internationale, Soco s’est engagée en juin "à n’entreprendre ou commander aucune activité d’exploration ou de forage à l’intérieur du Parc national des Virunga à moins que l’Unesco et l’État congolais ne conviennent que de telles activités ne sont pas incompatibles avec le statut du patrimoine mondial."

Global Witness déplore ainsi "l’ambiguïté" de cette déclaration qui selon elle "laisse la porte ouverte à une déclassification partielle ou totale du parc" pour permettre l’exploitation du pétrole susceptible de se trouver dans son sous-sol.

Notant que Soco doit encore faire la preuve que sa concession abrite des gisements d’hydrocarbures, l’ONG lui demande de "s’engager à ne mener aucune d’activité d’exploration pétrolière à l’intérieur des limites actuelles du parc", comme l’a fait avant elle la société française Total.

Contactée, Soco a indiqué dans un courrier électronique que sa position exprimée en juin n’avait "pas changé" et a indiqué qu’elle n’avait "plus aucune présence opérationnelle en RDC" depuis le 30 août, après la fin de ses études sismiques et géologiques. Selon des sources proche du dossier, l’entreprise analyse désormais les résultats de ces tests pour décider de la suite à donner à ses projets.

(Avec AFP)

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