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Crise du Golfe : à l’occasion de l’Aïd, le président tunisien appelle à la résolution d’un « conflit familial »

Par Jeune Afrique

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, le 10 mai 2017. © Hassene Dridi/AP/SIPA

En cette fête de l’Aïd el-Fitr, le président Béji Caïd Essebsi a présenté dimanche ses vœux au peuple tunisien, et en particulier aux "concitoyens vivant dans les pays du Golfe". L’occasion pour lui de s’exprimer sur le conflit diplomatique opposant depuis quelques semaines le Qatar à d’autres pays arabes.

Participant à la traditionnelle prière de l’Aïd en compagnie du chef du gouvernement, Youssef Chahed, et du président du Parlement, Mohamed Ennaceur, Béji Caïd Essebsi a appelé à un apaisement des tensions dans la région.

Dans la matinée du dimanche 25 juin, devant la mosquée Anas Ibn Malek à Carthage, il s’est dit confiant « en la capacité des pays du Golfe à surmonter cette crise [qu’il] espère passagère ». « Quelle qu’en soit la cause, ce différend concerne la communauté arabo-musulmane » et ne peut être résolu que par « la voie du dialogue », a-t-il ajouté.

Le président tunisien en appelle pour cela à « la sagesse » des dirigeants du monde arabe pour mettre fin à ce qu’il considère comme « un conflit entre des membres d’une même famille ».

« Trouver un compromis »

Début juin, l’Arabie saoudite, les Émirats, le Bahreïn, le Yémen et l’Égypte ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar en l’accusant de soutenir des « groupes terroristes » – ce qu’a nié Doha. Par le biais de son chef de la diplomatie, la Tunisie s’était alors dite « très préoccupée » et soucieuse d’éviter « davantage de divisions ».

« Le monde arabe connaît des problèmes et nous souhaitons que nos frères du Golfe trouvent un compromis afin de dépasser leurs divergences et trouver une solution qui convienne à tous », avait déclaré le 5 juin le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaïes Jhinaoui.

S’alignant sur la diplomatie tunisienne, le parti islamiste Ennahdha, qui participe au gouvernement d’union nationale et entretient des relations étroites avec le Qatar, invite également au dialogue en appelant à « éviter toute escalade ».

D’après un document révélé le 23 juin par Associated Press, le Qatar aurait dix jours pour satisfaire les demandes de ses voisins et mettre fin au blocus qui lui est imposé. Parmi une liste de 13 conditions transmises à Doha par l’Arabie saoudite et ses alliés, la fermeture de la chaîne Al-Jazeera, la réduction des relations avec l’Iran ainsi que la fermeture d’une base militaire turque sur son sol.