Crise des réfugiés en Ouganda : António Guterres en appelle à la communauté internationale

Par Jeune Afrique avec AFP

António Guterres, Secrétaire général des nations unies, s'est rendu ce jeudi 22 juin dans le camp de réfugiés sud-soudanais de Imvepi, en Ouganda. © Nations unies

Le Secrétaire général des Nations unies est en Ouganda depuis jeudi pour participer au Sommet de la solidarité envers les réfugiés. Il a appelé la communauté internationale à « augmenter son aide humanitaire » pour aider l’Ouganda à faire face aux défis posés par l’afflux de plus d’un million de réfugiés sud-soudanais. Alors que l’objectif est de réunir 1,8 milliard d’euros pour l’année à venir, l'Union européenne en a promis 85 millions.

À peine arrivé en Ouganda, jeudi 22 juin, António Guteres s’est rendu dans le camp d’Imvepi, dans le nord du pays. « Ce que nous avons tous vu, c’est la démonstration de la générosité extraordinaire de la population et du gouvernement de l’Ouganda, qui ont reçu près de 1 million de réfugiés sud-soudanais comme des frères et des sœurs et qui ont partagé avec eux leurs terres et tout ce qu’ils ont », a salué le Secrétaire général des Nations unies lors d’un point presse organisé en marge de cette visite.

« Demain (ce vendredi), la communauté internationale aura l’opportunité d’exprimer sa solidarité aux réfugiés et au peuple et au gouvernement de l’Ouganda, en réponse à notre appel à un soutien financier massif, à la fois pour l’aide humanitaire pour les réfugiés mais aussi pour les investissements nécessaires dans le système éducatif, le système de santé, les infrastructures, et l’environnement », a par ailleurs plaidé António Guterres.

Objectif : 2 milliards de dollars pour l’année qui vient

Le Secrétaire général des Nations unies participe au Sommet de solidarité avec les réfugiés qui se termine ce vendredi soir à Kampala. L’objectif des organisateurs – le gouvernement ougandais, l’ONU, des chefs d’État de la région et les bailleurs de fonds internationaux – est de parvenir à récolter 2 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) pour faire face aux besoins de financement de l’année à venir. Pour les quatre prochaines années, les besoins ont été estimés à pas moins de 8 milliards de dollars (7,1 milliards d’euros) sur les quatre prochaines années.

L’Union européenne s’est pour sa part engagée à participer à hauteur de 85 millions d’euros. Une aide au développement « pour aider l’Ouganda à affronter cette situation sans précédent et pour soutenir les réfugiés les plus vulnérables », a précisé le commissaire européen à l’Aide humanitaire, Christos Stylianides, présent aux côtés du secrétaire général des Nations unies au camp de réfugiés d’Imvepi.

Le gouvernement ougandais a une politique d’accueil très ouverte à destination des réfugiés présents sur son sol. Les réfugiés sont libres de circuler dans le pays comme ils l’entendent, peuvent travailler et se voient même pour une partie d’entre eux distribuer un lopin de terre à cultiver. Mais l’afflux massif et rapide de réfugiés sud-soudanais a pris de court aussi bien les autorités ougandaises que les principales organisations humanitaires.

Nous traitons les symptômes, mais les causes profondes de cette violence doivent être réglées. C’est ce qui force les gens à fuir leur terre

Plus de 947 000 Sud-Soudanais sont actuellement abrités en Ouganda, selon les chiffres du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR). Désormais, le pays compte un total de 1,2 million de réfugiés. Et le besoin de financements est d’autant plus pressent que l’ONU estime que 500 000 Sud-Soudanais supplémentaires pourraient arriver en Ouganda au cours de l’année qui vient.

« Nous traitons les symptômes, mais les causes profondes de cette violence doivent être réglées. C’est ce qui force les gens à fuir leur terre », a pour sa part déploré Wadri Sam Nykua, représentant du gouvernement ougandais à Arua, le district où se trouve le camp d’Imvepi.

La reprise des affrontements à Djouba, en juillet 2016, qui avaient mis à bas l’accord de paix signé en août 2015, ont provoqué des déplacements massifs de populations. Depuis juillet 2016, 743 000 sont arrivés en Ouganda, soit une moyenne de 2 000 par jour. Symbole de cette situation : le camp de Bidibi. Ouvert en août 2016, il est devenu le camp de réfugiés le plus grand du monde moins de six mois plus tard, avec pas moins de 270 000 personnes qui y sont hébergées.