Fermer

France : la députée Danièle Obono au cœur d’une polémique aux relents racistes

Danièle Obono, députée de la 17e circonscription de Paris. © Photo DR

Danièle Obono, jeune députée de Paris représentant le parti de La France Insoumise, est au centre d’une polémique suite à une émission de radio. Elle y avait notamment défendu le droit à la liberté d’expression d’un groupe ayant titré un de ses morceaux « Nique la France ». Elle revient pour Jeune Afrique sur cette polémique.

Danièle Obono, élue de La France Insoumise dans la 17e circonscription de Paris, se trouve moins d’une semaine après son entrée au Palais Bourbon au centre d’une polémique sur les réseaux sociaux. Mais pas seulement : David Rachline, sénateur du Var et cadre du Front national, s’est pour sa part fendu d’un communiqué dans lequel il lui enjoint de « quitter les dorures de la République ». En cause, le passage de Danièle Obono dans l’émission Le Grand Oral, diffusée sur les ondes de la radio RMC, mercredi 21 juin.

Ce que lui reprochent ses détracteurs ? De s’être faite l’avocate de la liberté d’expression en défendant le droit pour un groupe de musique – en l’occurrence le groupe de rap Z.E.P. – d’intituler l’un de ses morceaux « Nique la France ». Autre reproche adressé à la députée nouvellement élue : ne pas avoir dit avec assez de conviction « Vive la France » lorsque l’un des présentateurs de l’émission le lui a demandé.

La vidéo de l’intervention à l’origine de la polémique est à revoir ici :

 

Jeune Afrique : Que répondez-vous à ceux qui critiquent vos propos sur l’antenne de RMC ?

Danièle Obono : J’ai apporté mon soutien au groupe ZEP, dont l’album s’appelle Nique la France. Je l’ai défendu au nom de la liberté d’expression. Je ne reprends pas le terme, pour ma part. Mais je crois indispensable de défendre la licence créative pour les artistes. Je ne suis pas surprise. Ce n’est pas la première fois que je suis confronté à ce type d’effets médiatiques. Pendant un an, lors de la campagne présidentielle avec Jean-Luc Mélenchon et ensuite pendant la campagne des législatives, j’ai été témoin d’effets d’emballements médiatiques et d’instrumentalisation politique. C’est souvent le cas avec la « fachosphère ». Ces gens sont nos ennemis irréductibles. Et ils nous ont désignés comme leurs ennemis irréductibles. J’assume complètement ce combat-là.

Une polémique fait rage sur les réseaux sociaux suite à votre intervention sur les ondes. Vous y attendiez-vous ?

Danièle Obono : Pas dans une telle ampleur. Mais je sais aussi que cette campagne a fait beaucoup réagir des camarades et des soutiens. Je crois que la meilleure réponse, c’est ce que nous défendons à La France Insoumise : la lutte pour l’égalité des droits, la défense du principe d’une France riche de ses différences. Nous sommes le contraire de cette extrême-droite repliée sur elle-même, qui a une vision ethniciste et communautariste de la nation française. Ce combat, je vais le mener à l’Assemblée nationale, avec tous ceux et toutes celles qui voudront se battre pour défendre cette vision de notre pays.

Craignez-vous de devenir une cible privilégiée, comme l’ont été Najat Vallaud-Belkacem ou Christiane Taubira ?

Danièle Obono : Je n’ai pas peur. Mais on ne peut pas être complètement immunisé contre la violence de ce type d’attaques, contre ces insultes. J’assume le fait qu’un combat politique puisse être dur, sur le plan des idées. Mais pour moi, la démocratie vaut mieux que ce type de violence. C’est à la fois désolant et irrespectueux. Étant ce que je suis, je sais que je vais peut-être devenir une cible. J’en ai évidemment conscience. Mais je pense que la réponse doit être collective.

Couverture

L’actu n’attend pas !


Couverture

Accédez à toute l'actualité africaine où que vous soyez en souscrivant à l'Edition Digitale de Jeune Afrique

Je m'abonne J'achète ce numéro