Carte : où en est l’essor des courses cyclistes africaines ?

Le Tour du Sénégal a été relancé en 2015. Ici lors de l'édition 2016. © Baptiste Madinier

Le Tour de France qui démarre le 1er juillet marque le point d'orgue de la saison cycliste européenne. À l'inverse, l'arrivée de l'été dans l'hémisphère nord signe la fin de la première partie du calendrier des courses africaines. Tour d'horizon.

Les épreuves sur le continent se sont largement développées au cours des dernières années, sous l’égide de l’Union cycliste internationale (UCI). Mais les défis pour accéder à une pleine reconnaissance sont encore nombreux. La Grande Boucle s’élance le 1er juillet de Düsseldorf avec des coureurs africains comme l’Éthiopien Grmay Tsgabu, les Sud-Africains Louis Meintjes et Daryl Impey ou encore l’Érythréen de 23 ans Merhawi Kudus, membre de l’équipe sud-africaine Dimension Data.

La seule équipe africaine professionnelle du peloton cycliste assure en général la présence de coureurs originaires du continent sur chacun des grands tours du circuit. À elle seule, elle incarne donc le développement du cyclisme africain sur les routes européennes à travers la visibilité de certains coureurs, comme Daniel Teklehaimanot, qui ont réussi à se faire un nom au sein de l’élite professionnelle.

19 épreuves références dans l’Africa Tour

Mais sur le continent, une autre force est à l’oeuvre pour assurer l’essor du cyclisme africain : l’organisation des courses. « Il faut de l’activité. Les cyclistes africains n’ont pas assez de jours de courses », explique Laurent Bézault, le conseiller Afrique de l’UCI, l’agence qui régit le cyclisme mondial. L’Afrique compte 84 jours de courses sur un total de 19 épreuves référencées par l’UCI en 2017. On est loin des chiffres européens de l’Europa Tour qui affiche 275 courses au compteur.

Les courses reconnues par l’UCI s’inscrivent dans le cadre de l’Africa Tour et ce sont les meilleures courses du continent. On trouve par exemple la Tropicale Amissa Bongo, la plus connue, mais aussi les Tours de l’Erythrée, du Faso, de la Tunisie ou du Sénégal… (Une liste exhaustive est disponible sur la carte ci-dessous.)

Africa Tour : où en sont les courses cyclistes africaines en 2017 ?

(passez votre souris sur la carte pour faire apparaître les informations pays)

Source : Union Cycliste Internationale (UCI) / Laurent Bézault

« On observe qu’il y a plus de courses en Afrique, notamment parmi celles inscrites au calendrier UCI Africa Tour », affirme Laurent Bézault et si ce développement est réel, la pérennité de ces courses n’est en général pas garanti. En effet, la dernière décennie montre clairement que l’organisation de ces courses et leur reconnaissance par l’UCI est très aléatoire.

Si l’État n’est pas un partenaire majeur derrière, c’est très compliqué

Le conseiller de l’UCI décrypte : « La grosse difficulté qu’on a c’est l’argent, sauf sur quelques-unes comme la Tropicale (Amissa Bongo), le Tour du Rwanda, le Tour du Faso où il y a un vrai investissement de l’État. Les autres ont des gros problèmes financiers. Si l’État n’est pas un partenaire majeur derrière, c’est très compliqué ». Ainsi, principalement pour des raisons économiques, le Tour de l’Algérie et celui d’Égypte ont disparu cette année.

Intégrer le circuit international

En outre, « d’autres ne sont pas encore à l’UCI mais se développent comme les Tours du Togo, du Bénin, de la RD Congo ou encore de l’Angola », poursuit Laurent Bézault. L’UCI envoie alors des experts techniques pour aider les organisateurs à améliorer leur organisation et leur sécurité, critères qui leur permettront plus tard d’intégrer l’Africa Tour. Ainsi les Tours de Côte d’Ivoire et du Sénégal, qui avaient disparu pendant une dizaine d’année, se sont récemment relancés.  D’abord au calendrier national, avant d’être reconnus par l’UCI, respectivement en 2015 et 2016.

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