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Algérie : le nouveau Premier ministre Abdelmadjid Tebboune présente son plan d’action

Par Jeune Afrique avec AFP

Le nouveau Premier ministre algérien, Abdelmadjid Tebboune, le 3 avril 2017 à Alger. © Sidali Djarboub/AP/SIPA

Le nouveau Premier ministre algérien, Abdelmadjid Tebboune, a présenté ce mardi le "plan d'action" de son gouvernement devant les députés de l'Assemblée générale. La mesure phare est la réforme du système de subventions publiques, conséquence de la crise économique.

Un mois après sa nomination, le nouveau Premier ministre algérien, Abdelmadjid Tebboune, a soumis, mardi 20 juin, à l’Assemblée populaire nationale (APN) le « plan d’action » de son gouvernement. Ce dernier est notamment marqué par un projet de réforme des subventions de l’État aux aliments et services de base. Le gouvernement va « lancer une large concertation (…) en vue de l’adaptation progressive de la politique des transferts sociaux » et des subventions aux produits et services de base, a annoncé le Premier ministre aux députés.

Ces transferts sociaux – aides au logement, à la santé et à l’éducation – ainsi que les subventions de l’État aux produits alimentaires de base (semoule, lait, huile…) et à la fourniture d’eau et d’énergie, représentent 23,7% du PIB selon le FMI. Dispositif-clé de l’économie algérienne, il permet aujourd’hui à tous les Algériens de bénéficier de produits de base, d’eau courante et d’énergie à très bas coût, ainsi que de soins gratuits ou presque. Si la réforme aboutit, ces aides pourraient être modulées en fonction des revenus.

Rééquilibrage tarifaire

Le gouvernement entend progressivement mettre en place un rééquilibrage tarifaire de la fourniture d’eau, de gaz, d’électricité et de fioul, pour rapprocher le prix payé par les usagers du coût réel, selon le plan d’action présenté par Abdelmadjid Tebboune. Le Premier ministre a  cependant assuré à la Chambre basse que des tarifs « appropriés aux ménages à bas revenu » seraient préservés.

L’Algérie reste très largement dépendante des hydrocarbures (95% de ses recettes extérieures, 60% du budget de l’État) et subit de plein fouet la chute des cours du brut.

Le gouvernement est « conscient des limites d’une stratégie de croissance assise principalement sur la seule dépense publique », a expliqué Abdelmadjid Tebboune, se disant déterminé à développer « les secteurs productifs de richesses, de valeur ajoutée et d’emploi, gage de diversification de l’économie nationale fortement dépendante des hydrocarbures ».

Renforcement du « climat des affaires » et poursuite des réformes du système bancaire – notamment en améliorant les possibilités de financement des micro, petites et moyennes entreprises – sont des « objectifs-phares » du gouvernement, a par ailleurs assuré le Premier ministre.

Les investissements resteront sous contrôle

Abdelmadjid Tebboune a également précisé que, si le gouvernement entend attirer les investissements directs étrangers – notamment ceux permettant des transferts de technologie ou le développement des exportations hors hydrocarbures -, il n’envisage cependant pas de remettre en cause la règle 51/49.

Cette mesure, souvent jugée rédhibitoire par les investisseurs étrangers, contraint les entreprises étrangères s’implantant en Algérie à s’associer à un partenaire local détenant au moins 51% du capital de la société créée.

« La réforme de l’administration et la lutte contre la bureaucratie – et son corollaire la corruption – demeurent une préoccupation permanente » du gouvernement, a assuré Abdelmadjid Tebboune, annonçant une future « loi relative aux relations de l’administration avec les usagers ».

Le vote attendu ce vendredi

Autres projets envisagés, la possibilité de saisir le Conseil constitutionnel d’une exception d’inconstitutionnalité de la loi et des textes sur la protection des données à caractère personnel, le droit à l’obtention des informations, documents, statistiques et leur circulation, les réunions et manifestations publiques, entre autres.

Les députés débattront jusqu’à vendredi 23 juin, de ce « plan d’action » gouvernemental qui sera ensuite soumis au vote. Le Front de libération nationale (FLN), au pouvoir depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, et son allié du Rassemblement national démocratique (RND) détiennent la majorité absolue, avec 261 sièges à eux deux sur les 462 de l’APN.

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