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"Cet article est issu du dossier" «Corruption en Tunisie : l’opération « mains propres » de Youssef Chahed»

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Tunisie : le présentateur télé Samir el-Wafi détenu pour escroquerie

Par Jeune Afrique

Le présentateur tunisien Samir el-Wafi. © Capture d'écran Youtube/El Hiwar Ettounsi

Samir el-Wafi, célèbre présentateur télé tunisien, a été placé en garde à vue lundi pour soupçon de "corruption et d'escroquerie", a indiqué le Parquet à l'AFP.

Il « a été interpellé lundi et placé en détention provisoire pour les besoins de l’enquête », selon le porte-parole du Parquet, Sofiène Sliti.

Cette nouvelle arrestation intervient suite au lancement d’un vaste coup de filet anticorruption (surnommé opération « mains propres ») par le gouvernement de Youssef Chahed fin mai. Depuis, les autorités tunisiennes ont annoncé l’arrestation et le placement en résidence surveillée de plusieurs hommes d’affaires tunisiens, ainsi que le gel de leurs avoirs pour des profits réalisés « de manière illégale. »

Sans donner plus d’informations, le Parquet a toutefois assuré mardi à l’AFP qu’il n’existait aucun lien entre son interpellation et la campagne anticorruption gouvernementale.

Interdit de voyage depuis une semaine

Le ministère public a émis il y a une semaine une interdiction de voyage à l’encontre de Samir el-Wafi, a précisé Sofiène Sliti à l’agence TAP. Une autre personne a également été placée en garde à vue dans la même affaire, a-t-il ajouté, sans indiquer son identité.

Selon des médias tunisiens, Samir el-Wafi, très proche d’hommes d’affaires et de responsables politiques, aurait reçu des pots-de-vin de la part de certaines personnes en échange d’une promesse d’intervenir en leur faveur.

Animateur controversé, Samir el-Wafi avait déjà été arrêté en avril 2015 pour une affaire d‘escroquerie. Il était alors soupçonné d’avoir tenté d’extorquer de l’argent à Hamadi Touil, un homme d’affaires lié à l’ancien régime et réfugié en France, en lui promettant une émission pour le blanchir ainsi que l’usage de ses relations pour intervenir auprès des juges et de certains hommes politiques. Il a été condamné en appel en 2016 à trois mois de prison ferme.