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États-Unis : la mort d’une jeune femme noire enceinte abattue par la police à Seattle suscite l’indignation

Par Jeune Afrique avec AFP

Laurie Davis, la tante de Charleena Lyles, et Monika Lyles, sa sœur, lors de la cérémonie d'hommage organisée dimanche soir à Seattle. © Genna Martin/AP/SIPA

La police de Seattle est violemment critiquée depuis la mort, dimanche 18 juin, de Charleena Lyles, une femme noire enceinte, abattue par des policiers au cours d’une intervention. La jeune femme était armée d’un couteau, selon la police, mais « elle aurait pu être maîtrisée » jugent ses proches.

Dimanche 18 juin, Charleen Lyles, mère de quatre enfants et enceinte de trois mois, appelle la police pour signaler un cambriolage. Deux agents de la police de Seattle interviennent à son domicile et sont alors « confrontés à une femme de 30 ans armée d’un couteau. Les deux policiers ont alors tiré, touchant la femme », décrit le communiqué de la police, publié quelques heures après le drame. La police de Seattle ajoute que « plusieurs enfants se trouvaient dans l’appartement au moment des tirs mais n’ont pas été blessés ». Les pompiers, arrivés peu de temps après, n’ont pu que constater le décès de la jeune femme.

Dans les minutes qui ont suivi l’annonce de la mort de la jeune femme, la famille de Charleena Lyles a dénoncé l’intervention de la police. « Il n’y avait aucune raison de lui tirer dessus devant ses bébés », a lancé Monika Williams, sœur de Charleena Lyles devant la caméra de la chaîne locale Kiro 7, présentes sur les lieux quelques minutes après le drame.

Même moi j’aurais pu la maîtriser

Monika Williams a également précisé que sa sœur souffrait de désordres mentaux graves, mais que, selon elle, elle ne constituait pas un danger pour les deux policiers. « Pourquoi ne pouvaient-ils pas utiliser un Taser contre elle? », s’est-elle interrogée. Pour elle, c’est une certitude : « Ils pouvaient la maîtriser. Même moi j’aurais pu la maîtriser. »

Depuis, cette colère de la famille a trouvé un écho puissant sur les réseaux sociaux. Sous les mots-clefs « #CharleenLyles », « #SayHerName » ou encore le trop régulier « #BlackLivesMatter », la twittosphère américaine résonne, à nouveau, d’incompréhension et de colère.

Une enquête a été ouverte sur les circonstances de l’intervention. Les deux policiers, dont les noms ne sont pas connus, ont été placés en congé administratif le temps de l’enquête. Face au tollé, la police de Seattle a aussi très rapidement publié les enregistrements vidéo et audio de l’intervention de ses deux agents. Sur l’un d’eux, on entend les agents demander s’ils peuvent entrer dans l’appartement. Quelques instants plus tard, on les entend crier « Reculez ! Reculez ! ». Puis, ils tirent à plusieurs reprises (à partir de la 7e minute sur la vidéo ci-dessous).

Ses désordres mentaux étaient déjà connus des policiers

La jeune femme était connue des services de police. Elle avait été arrêtée plusieurs fois. Surtout, ses désordres mentaux étaient déjà connus de la police de Seattle. Quelques jours avant l’intervention qui a conduit à sa mort, Charleen Lyles s’était déjà retrouvée aux prises avec des policiers. Dans son rapport – cité par Kiro 7 -, la police notait alors que la jeune femme « s’était auto mutilée avec une paire de longues cisailles et menaçait les officiers ». Les policiers qui avaient fait face à elle ce jour-là avait conclu qu’elle était « sans prise avec la réalité ».

Si ce sont deux policiers qui ont été dépêchés sur place, au lieu d’un seul comme c’est habituellement la règle à Seattle pour les cas de cambriolages, c’est que les services de police s’attendaient à un potentiel dérapage de la jeune femme. La police a par ailleurs précisé que ses deux agents étaient équipés d’armes non létales lors de l’intervention. Une version en partie contredite par le New York Times, qui affirme que « aucun des deux agents n’avait de Taser ».

Dimanche soir, une veillée a été organisée en hommage à la jeune femme. Le maire de Seattle, Ed Murray, a promis aux quelques dizaines de personnes présentes une « enquête complète », tout en soulignant que les policiers de Seattle étaient entraînés « aux techniques d’apaisement pour faire face à de telles crises ».

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