Égypte : 10 ans de prison pour le policier qui a tué Shaïmaa al-Sabbagh en 2015

Par Jeune Afrique avec AFP

Shaïmaa al-Sabbagh, manifestante de gauche, a été tuée par un policier lors d'un rassemblement, le 24 janvier 2015. © Mohammed El-Raaei/AP/SIPA

Le policier égyptien qui a tué la militante de gauche Shaïmaa al-Sabbagh en janvier 2015 a écopé d’une peine de 10 ans de prison. Il avait été condamné une première fois à 15 ans de prison, mais le jugement avait été cassé en 2016. Il a encore la possibilité de faire appel.

Shaïmaa al-Sabbagh a été tuée le 24 janvier 2015 par un tir de chevrotine lors de la dispersion d’une manifestation organisée pour faire écho à la date symbolique du 25 janvier qui a marqué, en 2011, le début de la révolution égyptienne. Les manifestants voulaient déposer des fleurs sur la place Tahrir, à la mémoire des militants de la démocratie tués lors de la révolte qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir.

Poétesse et militante au sein de l’Alliance populaire socialiste, un parti de gauche égyptien, Shaïmaa al-Sabbagh avait alors 34 ans et était la mère d’un enfant de cinq ans. Sa mort avait provoqué une forte émotion à l’époque, notamment parce que ses derniers instants avaient été photographiés et filmés, avant d’être largement diffusés sur les réseaux sociaux. Plusieurs ONG, dont Human Rights Watch, s’étaient alors saisies du cas de la jeune femme.

L’indignation en Égypte et plus largement dans le monde avait alors poussé les autorités à mener rapidement l’enquête. Le président égyptien d’alors, Abdel Fattah al-Sissi, avait lui-même exigé que les responsables soient traduits en justice.

« Un bon verdict, au vu du contexte »

Dès juin 2015, Yassine Mohamed Hatem, le policier accusé du meurtre de la jeune femme, avait été condamné à 15 ans de prison. Mais le jugement avait été annulé en 2016 par la Cour de cassation égyptienne.

Ce dimanche, Yassine Mohammed Hatem a donc, à nouveau, été reconnu coupable de « coups et blessures ayant entraîné la mort » de Shaïmaa al-Sabbagh. Il a également été condamné pour avoir délibéremment blessé plusieurs autres manifestants, lors de cette journée du 24 janvier 2015.

Le policier condamné à une nouvelle possibilité de recours : le jugement en première instance ayant été annulé, il peut faire appel de cette nouvelle condamnation, plus légère que la précédente. Cependant, l’avocat des parties civiles, Me Mohammed Abdel Aziz, se félicite de la décision : « C’est un bon verdict, c’est une victoire au vu du contexte. »

Depuis la destitution de Mohamed Morsi, en 2013, les forces de sécurité égyptiennes répriment violemment toute contestation, qu’elle vienne de l’opposition islamiste ou des mouvements laïques.

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