Mali : l’attaque terroriste à Bamako « aurait pu être un carnage »

Des services de secours à proximité du campement Kangaba, près de Bamako, visé par une attaque terroriste le 18 juin 2017. © Baba Ahmed/AP/Sipa

Au lendemain de l'attaque terroriste qui a fait deux morts au campement Kangaba, en périphérie de Bamako, le déroulé des faits se précise.

Ce dimanche 18 juin, il est un peu plus de 16h lorsque deux petits groupes d’hommes armés arrivent à moto et en voiture au campement Kangaba. Situé au milieu de collines verdoyantes, à quelques kilomètres de Bamako, ce vaste lodge de plusieurs cases est prisé des Maliens aisés et des Occidentaux qui viennent souvent s’y prélasser le week-end pour échapper à l’agitation bamakoise.

D’après plusieurs témoins, des assaillants sont arrivés en criant « Allah Akbar » et ont ouvert le feu sur des clients rassemblés autour d’une piscine. Ce jour-là, une dizaine de militaires de la mission européenne EUTM (qui est chargée de former l’armée malienne) étaient présents au campement Kangaba. À l’instar d’autres militaires ou policiers étrangers basés au Mali, ceux-ci ont parfois le droit de porter leurs armes quand ils ne sont pas en service.

Riposte de militaires en permission

Selon une source sécuritaire occidentale, certains d’entre eux étaient en possession de leurs armes et ont donc répliqué aux premiers tirs des terroristes. « S’ils n’avaient pas été là, cela aurait été un carnage », confie notre source. Probablement surpris par cette première riposte, les terroristes ont été contraints de se retrancher.

Dans la panique, les autres clients se sont cachés ou ont fui. D’après RFI, plusieurs d’entre eux ont notamment été aidés par Lassana Coulibaly, « le caissier de la terrasse qui se trouve sur les hauteurs du campement ». « Lorsqu’il a vu venir les terroristes, il s’est empressé d’amener des clients dans une grotte afin de les y dissimuler », rapporte la radio française.

L’aide des forces étrangères « pas sollicitée »

De leur côté, les forces de sécurité maliennes ont aussi rapidement réagit. Quand ils ont entendus les tirs, les policiers du secteur dont dépend le campement ont immédiatement sollicité l’appui de la Force spéciale antiterroriste (Forsat), qui avait été mise sur pied après l’attentat contre l’hôtel Radisson Blu de Bamako, le 20 novembre 2015.

Les premiers éléments de ces forces spéciales maliennes sont arrivés une trentaine de minutes après les premiers tirs

Selon le général Salif Traoré, le ministre malien de la Sécurité, les premiers éléments de ces forces spéciales maliennes sont arrivés une trentaine de minutes après les premiers tirs au campement Kangaba. « Les éléments de la Forsat ont vite forcé les terroristes à se replier. Nous avons évité le pire », explique-t-il à Jeune Afrique, tout en précisant que ses hommes n’avaient pas sollicité l’aide des forces étrangères présentes sur place.

Cinq suspects arrêtés

Plusieurs échanges de tirs nourris ont ensuite été entendus au cours de la soirée dans le campement, en partie incendié, et sur les collines avoisinantes, où certains terroristes s’étaient cachés. En tout, une quarantaine de clients et d’employés du campement ont été recueillis sains et saufs par les forces de sécurité maliennes.

Selon un dernier bilan fourni par le ministère malien de la Sécurité, deux personnes ont été tuées dans cette attaque et quatre assaillants abattus. Cinq suspects ont également été arrêtés. Lundi matin, des éléments de la Forsat poursuivaient des opérations de ratissage dans le campement Kangaba et ses alentours.