Royaume-Uni : des fidèles d’une mosquée londonienne visés par une attaque à la camionnette

Par Jeune Afrique avec AFP

Cordon de police à proximité du lieu de l'attaque au camion-bélier à Finsbury Park, ce dimanche 18 juin à Londres. © Yui Mok/AP/SIPA

Une camionnette a foncé sur des piétons, faisant un mort et huit blessés, dans la nuit de dimanche à lundi dans le nord-est de Londres. Les victimes étaient des fidèles d’une mosquée de Finsbury Park qui auraient été "intentionnellement" visés, selon le secrétaire général du Conseil Musulman britannique. Le conducteur a été arrêté et une enquête a été ouverte par la direction antiterroriste de la police britannique.

L’attaque a eu lieu un peu après minuit. Une camionnette a pris pour cible un groupe de piétons à proximité de la mosquée de Finsbury Park. Il s’agissait d’un groupe de fidèles qui sortaient de la prière succédant à l’iftar célébrée à la tombée de la nuit en cette période de ramadan. « Il a foncé sur les gens. Il en a traîné quelques-uns sur plusieurs mètres », a raconté à l’AFP Abdiqadir Warra, qui a assisté à l’attaque.

Plusieurs témoins ont par ailleurs rapporté que le conducteur avait hurlé « je veux tuer tous les musulmans » au moment où il a pris pour cible la foule de fidèles qui sortait de la mosquée.

« Je veux tuer tous les musulmans »

Khalid Amin, un témoin cité par la BBC a confirmé que l’homme avait crié : « Tous les musulmans, je veux tuer tous les musulmans ». Ce témoin a également raconté à la chaîne comment l’homme avait été immobilisé par la foule. « Les gens l’ont entouré », le temps que la police arrive sur les lieux, a-t-il rapporté.

Un autre témoin cité par l’AFP assure avoir vu l’homme faire « des signes de victoire dans le fourgon de police, il était très content ».

« Un homme a été prononcé mort sur les lieux » et « huit blessés ont été conduits dans trois hôpitaux différents », a indiqué la police londonienne. Deux personnes ont également été légèrement blessées. Le conducteur a été maîtrisé par des personnes présentes sur les lieux, avant d’être interpellé par les forces de police. Ce lundi 19 juin au matin, son identité n’avait pas été rendue publique. La police a cependant fait savoir qu’il s’agissait d’un homme de 48 ans, qui aurait agi seul. Il a été transféré dans un hôpital pour une expertise psychiatrique.

« L’auteur était motivé par l’islamophobie »

« Il apparaît, selon la version livrée par des témoins oculaires, que l’auteur était motivé par l’islamophobie », a pointé dans les heures qui ont suivi l’attaque Harun Khan, secrétaire général du Conseil Musulman britannique (MCB). « Au cours des dernières semaines et des derniers mois, les musulmans ont subi de nombreux incidents islamophobes, et ceci en est la manifestation la plus violente pour l’instant », écrit encore Harun Khan dans un communiqué diffusé sur Twitter.

La commissaire Cressida Dick, chef de la police métropolitaine de Londres, a indiqué qu’une enquête avait été ouverte par la direction antiterroriste pour « établir pourquoi cette attaque avait été menée ». Elle a également insisté sur le fait que « Londres était une cité [composée] de nombreuses nationalités et fois différentes. Une attaque contre une communauté est une attaque contre nous tous. » Theresa May, Premier ministre britannique, a pour sa part évoqué un « événement terrible » et convoqué une réunion d’urgence ce lundi dans la matinée.

La 4e attaque terroriste en trois mois

Cette attaque intervient dans un climat tendu, alors que le pays a été frappé par trois fois par le terrorisme ces trois derniers mois. Le 22 mars dernier, Khalid Masood, Britannique de 52 ans converti à l’Islam, avait fauché des piétons en lançant sa voiture sur le trottoir du pont de Westminster, avant de poignarder à mort un policier devant le Parlement. Cinq personnes avaient été tuées.

Le 22 mai c’est Manchester qui était touché. Un attentat-suicide à la sortie d’un concert d’Ariana Grande avait fait 22 morts et une centaine de blessés. Et tout récemment, dans la nuit du 3 au 4 juin, trois assaillants à bord d’une camionnette ont foncé sur la foule sur le London Bridge, puis poignardé plusieurs personnes à Borough Market avant d’être abattus par la police. Huit personnes avaient alors été tuées.

La mosquée visée par l’attaque était connue, au début des années 2000, comme étant l’un des points névralgiques du mouvement islamiste radical londonien. C’est dans ce lieu que prêchait Abou Hamza, imam proche d’Al-Qaïda arrêté en 2012 et extradé vers les États-Unis où il a été condamné à la prison à perpétuité en 2015 pour prise d’otage et terrorisme.

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