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Mali : trois mois de prison requis pour un journaliste accusé de diffamation envers le fils d’IBK

Par Jeune Afrique avec AFP

Ibrahim Boubacar Keïta, le président malien. © Emmanuel DAOU Bakary pour JA

Trois mois de prison avec sursis ont été requis mercredi contre le journaliste malien Adama Dramé, de l'hebdomadaire "Le Sphinx", dans le cadre d'un procès en diffamation intenté par Karim Keïta, le fils du président.

Après un première audience il y a 15 jours, le procès du directeur de publication de l’hebdomadaire privé malien Le Sphinx, Adama Dramé, poursuivi pour diffamation par le président de la commission Défense de l’Assemblée nationale, Karim Keïta, fils du chef de l’État Ibrahim Boubacar Keïta, s’est déroulé mercredi 14 juin à Bamako.

Les réquisitions ont été prononcées en l’absence des avocats de la défense, qui avaient menacé de ne pas revenir à la reprise de l’audience après la suspension de l’audience à la mi-journée, estimant que les conditions d’un procès équitable n’étaient pas réunies, eu égard au « statut du plaignant ». Ce dernier, représenté par quatre avocats, ne s’est pas rendu au procès, durant lequel un important dispositif de sécurité était déployé à l’intérieur et autour du tribunal.

Le journaliste était présent mais ne s’est pas exprimé. Il a finalement été requis à son encontre une peine de trois mois de prison avec sursis et d’une amende de 100 000 F CFA (environ 150 euros). En revanche, le procureur de la République ne s’est pas prononcé sur la demande de dommages-intérêts de Karim Keïta, qui réclame 4 milliards de F CFA (environ 6 millions d’euros), s’en remettant à la décision de la Cour. Le procès a été mis en délibéré au 20 juin 2017.

Karim Keïta estime avoir été diffamé

Le Sphinx avait accusé dans deux éditions, le 31 mars et 7 avril, Karim Keïta d’avoir aidé un homme d’affaires malien à échapper à la justice. Il avait aussi affirmé dans un article publié le 14 avril que le fils du chef de l’État avait acheté un hôtel à Bamako à plus de 6 millions d’euros et acquis un terrain à proximité pour y faire construire une station-service.

« Ce procès apportera la preuve que mon client a été diffamé. Nous avons du respect pour la liberté de la presse, mais cette liberté ne signifie pas qu’il faut diffamer », avait déclaré à l’AFP Me Mamadou Diarra, avocat de Karim Keïta, à l’ouverture du procès le 30 mai. Karim Keïta fait souvent la Une de presse malienne, qui le crédite d’une grande influence dans les milieux politiques et des affaires. Ce qu’il a démenti dans une récente émission retransmise à la télévision publique.