Fermer

Tunisie : des dizaines de douaniers sous le coup d’une enquête pour corruption

Par Jeune Afrique avec AFP

Le port de Radès à Tunis, vu du ciel. © Citizen59/CC/Flickr

Des dizaines de douaniers tunisiens se trouvent sous le coup d'enquêtes pour corruption, a annoncé mercredi le ministère des Finances. Ces mesures ont été prises dans le cadre de la lutte menée par le gouvernement contre ce fléau, selon un haut responsable.

« Il a été décidé d’éloigner 21 agents douaniers de grades divers des postes à responsabilité ou des administrations sensibles, dans l’attente de la fin de l’enquête à leur encontre », a indiqué le ministère des Finances dans un communiqué. Trente-cinq agents vont en outre passer devant un conseil de discipline et « l’enquête se poursuit concernant d’autres agents sur lesquels pèsent des présomptions de corruption », a ajouté le ministère, sans divulguer leur nombre.

Ces mesures ont été prises « dans le cadre de la lutte anticorruption » du gouvernement, a dit à l’AFP un responsable gouvernemental sous le couvert de l’anonymat. Le 23 mai, les arrestations d’un homme d’affaires très connu et d’un ex-candidat à la présidence ont donné le coup d’envoi d’une campagne anticorruption. Pour l’instant, dix hommes d’affaires et contrebandiers présumés ont été placés en résidence surveillée. Selon le gouvernement, il s’agit d’en finir avec ce fléau qui a pris encore plus d’ampleur après la révolution de 2011.

Visite surprise au port de Radès

Mercredi matin, le chef du gouvernement Youssef Chahed a effectué une visite « surprise » au port de Radès, dans la banlieue sud de Tunis, qui concentre une partie considérable de l’activité d’import-export du pays.

« Il faut trouver une solution aux délais d’attente (de sortie des marchandises) (…), débrouillez-vous. Cette situation ne va plus être acceptée », a-t-il dit, en critiquant également la sécurité dans le port, qu’il a jugée insuffisante.

De nombreux Tunisiens se plaignent régulièrement d’avoir à payer des pots-de-vin pour faciliter la sortie de leurs conteneurs de Radès.

En mai, le plus connu des membres du clan Trabelsi – Imed -, qui avait mis l’économie tunisienne sous coupe réglée pendant la dictature de Zine El Abidine Ben Ali, a livré un témoignage inédit sur la corruption à l’époque, pointant notamment du doigt les douaniers.

« Les douaniers qui travaillaient avec nous se consacraient à notre bateau (…), ils bloquaient les intérêts de beaucoup de gens et on ne sortait que notre marchandise, avant tout le monde », avait-il raconté, disant avoir donné des pots-de-vin allant jusqu’à 11 000 euros.

Couverture

L’actu n’attend pas !


Couverture

Accédez à toute l'actualité africaine où que vous soyez en souscrivant à l'Edition Digitale de Jeune Afrique

Je m'abonne J'achète ce numéro