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La CPI demande l’arrestation immédiate du fils de Kadhafi

Seif al-Islam Kadhafi, fils du dictateur déchu, lors d'une conférence de presse à Tripoli, en février 2011. © Ben Curtis/AP/SIPA

Alors qu'un groupe armé libyen a affirmé avoir libéré le fils de l'ex-dictateur Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam, celui-ci est toujours activement recherché en Libye. Dans un communiqué publié ce mercredi, la Cour pénale internationale a exigé son arrestation immédiate, afin qu'il soit jugé pour crimes contre l'Humanité.

La brigade qui détenait Seif al-Islam Kadhafi a assuré l’avoir libéré vendredi 9 juin, en vertu d’une nouvelle loi d’amnistie édictée par les autorités de l’Est libyen, lesquelles sont soutenues par les Émirats arabes unis et l’Égypte et rivales du gouvernement d’union nationale (GNA) installé à Tripoli. Pourtant, le mystère reste entier quant à son sort. En début de semaine, Ibrahim Massoud Ali, du bureau du procureur général de Tripoli, avait assuré que Saïf al-Islam était toujours activement recherché par les autorités judiciaires de Tripoli.

Un mandat d’arrêt pour crimes contre l’Humanité

L’annonce de sa prétendue libération a également fait réagir la Cour pénale internationale (CPI) qui, dans un communiqué transmis à Jeune Afrique mercredi 14 juin, demande à ce que la Libye, et tous les États compétents, procèdent « immédiatement » à son arrestation, et ce, « indépendamment de toute prétendue loi d’amnistie » en Libye. « Aider un fugitif à se soustraire à la justice ne saurait être toléré, et M. Kadhafi doit être remis à la Cour » insiste la procureure de la CPI, ajoutant que les « États et entités concernés » sont invités à transmettre à son bureau « tout renseignement pertinent dont ils disposeraient ».

En juin 2011, la CPI avait lancé un mandat d’arrêt pour crimes contre l’Humanité à l’encontre de Seif al-Islam Kadhafi. Le fils de l’ancien dictateur libyen est notamment accusé d’avoir joué un « rôle-clé dans la mise en œuvre d’un plan » conçu par son père, visant à « réprimer par tous les moyens nécessaires » le soulèvement populaire.

Le commandant de la Brigade Abou Bakr al-Sadiq également recherché

La procureure de la CPI Fatou Bensouda demande également à ce que soit arrêté et remis à la Cour Mohamed Khaled Al-Tuhamy, le commandant de la Brigade Abou Bakr al-Sadiq qui détenait Seif al-Islam. Depuis le 24 avril 2017,  l’homme est lui aussi sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI et doit répondre de « crimes contre l’Humanité, d’emprisonnement, torture, persécution et autres actes inhumains, et des crimes de guerre de torture, traitements cruels et atteintes à la dignité de la personne, commis en divers lieux sur le territoire libyen en 2011 », indique le communiqué.

Saïf al-Islam Kadhafi avait été capturé un mois après la mort de son père, en novembre 2011. Depuis détenu au secret, l’ex-dauphin du « Guide » est poursuivi à la fois par la CPI et par les autorités libyennes. En 2015, un tribunal de Tripoli l’avait condamné à mort, en son absence, pour crimes de guerre.

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