RDC : la justice belge ouvre une enquête visant Alexis Thambwe Mwamba

Le ministre de la Justice de la RDC, Alexis Thambwe Mwamba, le 4 mars 2015, à New York. © UN Photo / Jean-Marc Ferré / Flickr

Une plainte pour crime contre l'humanité a été introduite en Belgique contre le ministre d'État congolais en charge de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba. Bruxelles a décidé d'ouvrir une enquête.

Selon la Libre Belgique, le juge Michel Claise a été récemment désigné par le parquet de Bruxelles pour se charger de l’instruction dans un dossier visant Alexis Thambwe Mwamba, ministre de la Justice de la RD Congo, sur la base d’une plainte pour crime contre l’humanité introduite par l’avocat Alexis Deswaef il y a près d’un mois. L’avocat représente plusieurs familles de victimes d’un drame pouvant être assimilé à un acte terroriste : le crash d’un avion en 1998 dont le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) avait revendiqué l’attaque, par la voix d’un de ses leaders, Alexis Mwamba lui-même, sur les antennes de RFI (voir le document sonore ci-dessous).

À l’époque, la rébellion affrontait dans l’est du Zaïre les troupes de Laurent-Désiré Kabila, qui venait de prendre le pouvoir après la fuite de Mobutu. Alexis Thambwe aurait justifié le tir du missile sur l’avion par le fait que ce dernier était sur le point d’atterrir à Kindu avec des militaires pro-Kabila à son bord. Mais plusieurs témoins des faits confirment que l’avion avait décollé de Kindu avec des civils, et emmenait en fait 50 morts passagers (43 civils, essentiellement des femmes et des enfants, et 7 membres d’équipage). Alexis Thambwe Mwamba qui séjournerait actuellement à Genève, était injoignable pour réagir à cette information.

Une autre plainte aux États-Unis

Le ministre congolais de la Justice est également poursuivi aux États-Unis avec Kalev Mutond, chef de l’Agence nationale de renseignement (ANR), dans le cadre d’une plainte pour « torture » déposée le 29 juillet devant la Cour du district de Washington D.C. par Darryl Lewis, l’ancien conseiller américain en sécurité de l’opposant congolais Moïse Katumbi, qui était accusé d’être un « mercenaire » par la justice congolaise et avait été détenu en RD Congo pendant plus d’un mois avant d’être relâché et de regagner les États-Unis.

Par ailleurs, en RD Congo, une cinquantaine de députés ont mis en cause mardi 13 juin la responsabilité d’Alexis Thambwe Mwambe dans une série d’évasions de plusieurs prisons du pays. La motion de défiance transmise à l’Assemblée nationale a été initiée par le député Muhindo Nzangi, un élu de Goma, dans le Nord-Kivu, mais elle ne devrait pas être soumise au vote du Parlement avant plusieurs mois.