Cameroun : l’évêque Jean-Marie Benoît Bala a été « brutalement assassiné », affirme l’Église catholique

Par Jeune Afrique avec AFP

Le corps de Mgr Jean-Marie Benoît Bala, 58 ans, évêque de Bafia (centre) au Cameroun, avait été repêché vendredi 2 juin 2017, dans les eaux du fleuve Sanaga. © UJung by Wikimédia Commons

L'évêque camerounais Jean Marie Benoît Bala, retrouvé mort dans le fleuve Sanaga le 2 juin, "a été brutalement assassiné", ont affirmé les évêques camerounais dans une déclaration rendue publique mercredi.

« Nous, évêques du Cameroun, affirmons que Mgr Jean Marie Benoît Bala ne s’est pas suicidé, il a été brutalement assassiné », ont-ils déclaré au terme d’une réunion extraordinaire mardi 13 juin à Yaoundé, en dénonçant un « crime odieux et insupportable ».

Dans leur déclaration, les prélats camerounais affirment que leur conclusion s’appuie sur les « premiers constats », sans plus de précisions. Ils espèrent que « les coupables » seront « nommément identifiés et livrés à la justice.

Mort suspecte

Le corps de Jean Marie Benoît Bala, 58 ans, évêque de Bafia (centre), avait été repêché le 2 juin dans le fleuve Sanaga, plus de 48 heures après sa disparition.

Un message, supposément rédigé par l’évêque, avait été retrouvé sur le siège avant de son véhicule, découvert le 31 mai sur un pont du fleuve Sanaga, de même que ses papiers d’identité, selon les autorités.

« Je suis dans l’eau », indiquait le message écrit sur du papier à en-tête du diocèse. Le parquet avait annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire pour « mort suspecte ».

Nombreux assassinats non élucidés

« Voilà un meurtre de plus, et un de trop », ont déclaré les prélats camerounais, exigeant « que toute la lumière soit faite sur les circonstances et les mobiles de l’assassinat de Mgr Jean-Marie Benoît Bala ».

« Nous avons le triste souvenir de plusieurs autres prélats, membres du clergé et personnes consacrées, qui ont été assassinés dans les conditions non élucidées jusqu’à ce jour », se sont-ils indignés, citant notamment : Mgr Yves Plumey, assassiné à Ngaoundéré (nord) en 1991, l’abbé Joseph Mbassi, retrouvé mort à Yaoundé en 1988, le père Antony Fontegh tué à Kumbo (sud-ouest) en 1990, les sœurs Marie Germaine et Marie Léone, tuées et violées à Djoum en 1992, et le père Engelbert Mveng, tué à Yaoundé en 1995.

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