Fermer

RDC : le vote des motions de défiance contre Thambwe Mwamba et Ramazani Shadary n’est pas au programme

Emmanuel Ramazani Shadary, vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur et de la Sécurité, et Alexis Thambwe Mwamba, ministre d'État en charge de la Justice. © DR / UN Photo / Jean-Marc Ferré / Flickr

Les motions de défiance déposées mardi à l'Assemblée nationale de la RD Congo contre Emmanuel Ramazani Shadary, vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur et de la Sécurité et de son collègue de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, ne seront pas examinées avant... trois mois.

Alors que jeudi 15 juin, l’Assemblée nationale clôture sa session et que les députés partent en vacances pour trois mois, les motions de défiance déposées mardi contre Alexis Thambwe Mwamba, ministre d’État en charge de la Justice, et Emmanuel Ramazani Shadary, vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, n’ont pas été inscrites à l’ordre du jour. « Le SMS reçu par le bureau du Parlement indique que le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, ainsi que celui de l’Industrie seront à l’hémicycle du Palais du peuple et une communication de l’honorable Président de l’Assemblée nationale est prévue, rien n’indique que les motions de défiance à l’encontre de deux ministres seront examinées », confie un député congolais au téléphone à Jeune Afrique. « On sait comment fonctionne cette boutique, les deux motions ne seront pas examinées avant le 15 septembre, date de la rentrée parlementaire », ajoute t-il.

Une cinquantaine de députés avaient signé et déposé mardi deux motions contre Thambwe Mwamba et Ramazani Shadary. La première, initiée par le député Muhindo Nzangi, un élu de Goma, dans le Nord-Kivu, reprochait au ministre de la Justice sa responsabilité dans une série d’évasions de prisons en RD Congo. La seconde rendait responsable le ministre de l’Intérieur les troubles dans le Kasaï.

Que reproche-t-on à Shadary ?

Il est notamment reproché à ce dernier la répression disproportionnée des membres de la chefferie de Kamuina Nsapu, après son exécution par les forces de l’ordre congolaises, en août 2016. « Cet incident aurait entraîné non seulement la mort d’ « hommes mais aussi la violation massive des droits de l’homme dont la découverte de plusieurs charniers et le double assassinat  de deux experts des Nations Unies », peut-on lire dans le document.

« La double répression et séquestration dans la capitale congolaise, dans deux communes supposées être les résidences de Ne Mwanda Nsemi, sont également reprochées au vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité », souligne le document. En février 2017, huit personnes soupçonnées d’appartenir à la secte politico-religieuse violente Bundu Dia Kongo, de Ne Muanda Nsemi, avaient été blessées lors de heurts avec les forces de l’ordre à Kinshasa, selon un « bilan partiel » communiqué à la presse par la police congolaise. Les députés signataires de la motion estiment que l’assaut de la police contre les fidèles de BDK avait mis en danger les habitants de deux communes attaquées (Ngaliema et Ngiri-ngiri).

Alexis Thambwe Mwamba, contre qui la justice belge a également ouvert une enquête pour crime contre l’humanité, est également visé avec le chef de l’Agence nationale de renseignement (ANR), Kalev Mutond par une plainte pour « torture » déposée devant la justice américaine par Lewis, l’ancien conseiller américain en sécurité de l’opposant congolais Moïse Katumbi, qui était accusé d’être un « mercenaire » et avait été détenu en RD Congo pendant plus d’un mois avant d’être relâché et de regagner les États-Unis.

Couverture

L’actu n’attend pas !


Couverture

Accédez à toute l'actualité africaine où que vous soyez en souscrivant à l'Edition Digitale de Jeune Afrique

Je m'abonne J'achète ce numéro