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RDC : les ADF responsables de l’évasion de la prison de Kangbayi à Beni ?

Une rue du centre-ville de Beni, dans l'est de la RDC, le 17 février 2017. © Trésor Kibangula/J.A

Le 11 juin, à Béni, 930 détenus s'évadaient de la prison de Kangbayi, après une attaque à l'arme lourde. Pour Omar Kavota, président du Centre d’études pour la promotion de la paix, la démocratie et les droits de l’Homme (CEPADHO), la rébellion ougandaise des ADF serait derrière ces événements.

Les responsables de l’évasion de la prison de Kangbayi, située à 5 km du centre ville de Beni, seront-ils connus un jour ? « La population a accepté de coopérer avec les autorités locales puisque 77 détenus sur les 930 évadés ont été retrouvés », assure à Jeune Afrique Julien Paluku, le gouverneur de la province du Nord-Kivu. Qui n’exclut pas la possibilité que la rébellion ougandaise soit à l’origine de l’attaque du 11 juin : « La région est polluée par la rebellion ougandaise. La question est de savoir si ces sont des Mai Mai ou les ADF [Forces démocratiques alliées, rébellion ougandaise, NDLR] ou encore une conjugaison des deux. »

Une branche de la société civile du Nord-Kivu est plus affirmative, à l’instar de Omar Kavota, président du Centre d’études pour la promotion de la paix, la démocratie et les droits de l’homme (Cepadho). « Nous affirmons que les auteurs de cette évasion sont sans doute des rebelles ougandais des ADF et de leurs alliés Mai Mai, ils ont toutes les raisons de libérer les leurs qui étaient accusés de massacres contre des civils au mois d’août 2016 », dit-il.

Pour ce jeune avocat, ancien vice-président et porte-parole de la société civile du Nord-Kivu pendant la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23), « ce n’est pas la première fois qu’il y a tentative d’évasion de cette prison au cours des derniers mois et nous avons pris soin de prévenir plusieurs fois les autorités provinciales pour qu’elles renforcent la sécurité du bâtiment en suggérant même qu’un camp militaire soit installé à proximité. »

L’ennemi est venu en surnombre

Le gouverneur Paluku dément les propos Omar Kavota, qu’il accuse d’instrumentalisation. Selon le gouverneur du Nord-Kivu, les mesures de sécurité ont été prises avant l’attaque. « L’alerte est maximum depuis l’évasion à Kinshasa, nous avons tenu des réunions de sécurité, c’est un rapport de force, l’ennemi est venu en surnombre par rapport à nos gardes. » Les attaques successives de prisons que connaît actuellement la RDC est « un effet de contagion qui doit nous réveiller », conclut Julien Paluku.

En quatre mois, les détenus des centres pénitenciers s’évadent à une vitesse folle. Ils étaient 966 prisonniers dans la prison de Kangbayi à 5 km de la ville de Beni. Il n’en restait plus que 36 après l’attaque du 11 juin. Le même scénario s’était produit, le 17 mai à Kinshasa, dans la grande prison de Makala qui comptait quelque 8 200 détenus quand environ 5000 d’entre eux se sont fait la malle en profitant d’une attaque de la secte religieuse Bundu Dia Kongo, venue récupérer son chef Ne Mwanda Nsemi. Idem à Matete, dans la nuit du 10 au 11 juin, à l’ouest de la ville de Kinshasa, où une policière a été tuée lors d’accrochages avec des assaillants qui ont réussi à libérer 14 détenus d’une petite prison de l’état-major militaire du district de Mont-Amba et 3 autres détenus du parquet.

 

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