Maroc : du rire, du kitsch et des stars, la bonne recette de l’émission « Mchiti Fiha » pour le Ramadan

Mchiti Fiha ©

La chaîne marocaine 2M réalise des pics d'audience avec son émission de caméra cachée « Mchiti Fiha », peu coûteuse et destinée à un public familial.

Rires préenregistrés, petits sons tout droit issus de dessins animés pour enfants à chaque saut de cabris des invités, situations burlesques… La recette de la deuxième saisons de « Mchiti Fiha », émission de caméra cachée proposée par 2M et diffusée juste après la prière vers 19 heures 50 fonctionne parfaitement : avec un pic à 11 223 000 téléspectateurs, soit quelques 77% de parts d’audience, elle a réalisé sa meilleure part d’audience durant la première semaine de Ramadan, selon les derniers chiffres de Marocmétrie relayés dans la presse marocaine.

« Déjà l’an dernier, Mchiti Fiha était parmi nos émissions phares », explique Salim Cheikh, directeur de la chaîne 2M. La capsule rythmée par la chanson Mchiti Fiha de Hatim Amor revisitée, est plutôt courte – un petit quart d’heure environ – : une rampe de lancement efficace entre l’émission religieuse obligatoire et le reste de la soirée télévisée.

 

 

Le principe est simple : une star est invitée sous un prétexte quelconque et une bande d’acteurs s’organisent pour lui tendre un piège, quelque part entre l’effrayant et le délirant. Une voix off prend le spectateur par la main, s’excuse de tendre un piège si habile à telle ou telle respectable personnalité, et le naturel des célébrités fait le reste. « La présence de visages connus est bien sûr un des gros plus de l’émission », concède Salim Cheikh.

Un ton bon enfant

Tout le travail de la production réside dans la capacité à trouver le bon dosage entre spectaculaire et éthique. « Nous ne poussons pas le curseur trop loin. Nous ne cherchons pas à imiter la célèbre caméra cachée égyptienne de Ramez Jalal par exemple », nous dit Cheikh. Ce Ramadan, la chaîne algérienne Ennahar TV a suscité la polémique en proposant une émission de caméra cachée jugée indécente par une partie du public, jouant jusqu’à l’outrance avec les nerfs de personnalités aussi respectées que fameuses. Mchiti Fiha se veut plus familiale et bon enfant, malgré l’arrivée de nouveaux concurrents comme Télé Maroc qui adopte un ton très libre.

 

 

Le seul écueil de l’émission est de se montrer parfois poussive. Comme par exemple avec la fausse interview de Sahar Seddiki par de prétendus journalistes étrangers virant à la bagarre généralisée avant de se transformer en scène d’incompréhension autour d’un faux tournage de film d’action, dans lequel la star serait embarquée malgré elle, pour se terminer sur un éclat de rire groupé..

Mchiti Fiha est en train de s’imposer aux côtés de MasterChef Maroc comme un produit phare de la chaîne pendant le Ramadan

D’autres épisodes, comme celui d’Agil aux prises avec un voyageur aussi inconscient qu’horripilant dans un avion survolant la région de Ouarzazate arrachent bon gré mal gré à quiconque se campe devant son poste, un sourire complice, gêné, ou les deux. À raison de 100 000 dirhams l’épisode en moyenne, un coût relativement modeste, Mchiti Fiha est en train de s’imposer aux côtés de MasterChef Maroc, comme le produit phare de la deuxième chaîne pour Ramadan. En l’absence de Hassan El Fad, premier pourvoyeur d’audimat l’année passée, elle est d’autant plus la bienvenue.